Municipales 2026 : la stratégie prudente mais calculée du Rassemblement national
© Getty ImagesPour les municipales, le RN mise sur une stratégie prudente, avec environ 650 listes et aucun objectif chiffré affiché. Le scrutin est pensé comme un levier pour renforcer l’implantation locale et préparer les sénatoriales de 2026 et la présidentielle de 2027. Le parti mise aussi sur un contrôle renforcé des candidats pour préserver son image.
À l’approche des élections municipales de 2026, le Rassemblement national (RN) avance à pas mesurés. Le parti de Jordan Bardella prévoit de présenter près de 650 listes sur l’ensemble du territoire, sans toutefois afficher d’objectif chiffré en termes de victoires. Une retenue assumée : le RN affirme privilégier la « qualité » des candidats plutôt que leur « quantité », conscient de sa faible implantation locale historique.
Cette prudence s’explique d’abord par un constat électoral. Lors des précédentes municipales, le RN avait enregistré des résultats décevants et ne dispose aujourd’hui que de peu de communes à défendre. Le scrutin de 2026 apparaît donc comme une opportunité de progression mécanique, sans pour autant nourrir d’ambitions spectaculaires. Mais l’enjeu dépasse largement l’échelon municipal.
La chasse aux brebis galeuses
Pour le RN, les municipales constituent surtout un scrutin de transition, pensé comme un tremplin vers deux rendez-vous décisifs : les élections sénatoriales de septembre 2026 et, surtout, la présidentielle de 2027. En renforçant sa présence dans les conseils municipaux, le parti espère élargir son réseau de grands électeurs et crédibiliser son ancrage territorial, point faible récurrent face à ses adversaires.
Cette stratégie s’accompagne d’un contrôle strict des investitures et de la communication locale. Après les polémiques liées à certains candidats lors des législatives de 2024, qualifiés de « brebis galeuses » par Jordan Bardella lui-même, la direction entend éviter tout dérapage susceptible d’abîmer l’image de respectabilité qu’elle cherche à construire.
Les profils jugés trop clivants ou inexpérimentés sont écartés, au profit de candidats perçus comme plus lisses et plus « présidentiables ». En somme, le RN aborde les municipales de 2026 non comme une fin en soi, mais comme une étape stratégique, au service d’une ambition nationale clairement assumée.