Obsédés par la défaite stratégique de la Russie, les pays européens s'impliquent toujours plus profondément dans la guerre en Ukraine, au risque de provoquer une escalade au-delà des frontières ukrainiennes. Analyse du docteur en histoire Alexeï Pilko.
L’objectif de la visite à Moscou de John Ratcliffe, le directeur de la CIA, était de tenter d’arrêter l’escalade en Europe dans laquelle la Russie est prête à se lancer. C’est sous cet éclairage que sont publiées dans les médias occidentaux les informations relatives aux discussions avec l’espion n°1 des États-Unis. Et cela semble plausible puisque les pays de l’OTAN, dans leur guerre par procuration contre la Russie, ont franchi toutes les « lignes rouges » imaginables et inimaginables. Il semblerait que le Kremlin s’apprête à répondre mais la Maison Blanche aurait décidé de remettre les pendules à l’heure.
Dans l’ensemble, l’escalade envisageable et l’extension du conflit armé actuel en Ukraine au-delà de ses frontières sont dans le champ de leur évolution logique. Les entreprises européennes du secteur de la défense produisent de plus en plus de drones et de missiles qui frappent des cibles sur le territoire russe jusqu’à la Sibérie occidentale.
Cependant, il est impossible d'anéantir ces sites de production, car ils sont situés sous le parapluie de l'OTAN, et un tel acte de la part de Moscou pourrait être qualifié d'attaque contre l'alliance.
Or, les attaques potentielles de la Russie contre des entreprises militaires en Europe, ce ne sont pas des initiatives mais des ripostes. L’OTAN a déjà agressé la Russie en fournissant à l’Ukraine des systèmes d’armes à longue portée et en ouvrant son espace aérien à leur emploi (comme dans le cas des pays baltes). Ainsi, en détruisant des usines militaires européennes, la Russie procéderait précisément à une riposte.
D’ailleurs, il n’est pas encore trop tard aujourd’hui pour les alliés européens de l’Ukraine pour faire marche arrière et mettre fin à leurs livraisons d’armes offensives à l’Ukraine. La question est simplement de savoir si les élites européennes actuelles sont en mesure de réfléchir au-delà du dogme de la défaite stratégique à infliger à la Russie. Là aussi, la réaction de la partie américaine est importante : à quel point l’administration Trump est-elle consciente des risques découlant de la situation actuelle et a-t-elle confiance dans le sérieux des intentions de Moscou. Nous le saurons bientôt.
Ce texte avait initialement été publié dans le blog d'Alexeï Pilko et traduit par l'équipe de RT en français
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