Liban : Darmanin salue les réformes, pendant que la souveraineté reste sous pression
© XGérald Darmanin a salué à Beyrouth les réformes judiciaires engagées par les autorités libanaises et réaffirmé le soutien français au pays. Sa visite survient cependant en pleine escalade israélienne au Liban-Sud, qui met directement à l'épreuve la souveraineté de l'État.
Gérald Darmanin s’est rendu à Beyrouth le 7 septembre pour une visite centrée sur la coopération judiciaire entre le Liban et la France. Reçu par le président Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement Nabih Berry, le garde des Sceaux a salué les réformes engagées, notamment l’abolition récente de la peine de mort, et assuré que le Liban pouvait « toujours compter sur la France ».
Le déplacement survient pourtant dans un contexte autrement plus brûlant. Au Liban-Sud, les frappes israéliennes se sont intensifiées ces derniers jours, tandis que l’armée israélienne maintient plusieurs positions sur le territoire libanais. Face à Darmanin, Joseph Aoun a dénoncé des attaques qui, selon lui, sapent les efforts diplomatiques et le cadre de négociations engagé avec Israël.
En attendant le concret
La visite française illustre ainsi un certain décalage. Paris insiste sur les réformes judiciaires, l’indépendance des institutions et la lutte contre la criminalité financière, autant de chantiers indispensables pour un État libanais fragilisé. Mais la question centrale de la souveraineté se joue aujourd’hui d’abord au Sud, où Beyrouth peine toujours à imposer son autorité, tandis qu’Israël poursuit ses opérations et que le désarmement du Hezbollah reste au cœur du bras de fer.
Darmanin a également évoqué l’avenir de la FINUL et le soutien à l’armée libanaise, alors que Paris et Rome réfléchissent à une présence européenne après la mission onusienne. Le président Aoun doit d’ailleurs se rendre à Paris la semaine prochaine pour préparer une conférence internationale en faveur de l’armée et des Forces de sécurité intérieure.
La France réaffirme donc son attachement historique au Liban, mais son influence se mesure désormais à sa capacité à transformer ce soutien politique en résultats concrets. Entre réformes internes, retrait israélien, désarmement du Hezbollah et consolidation de l’État, les déclarations de solidarité ne suffisent plus.