Qu'un journaliste de RFI appelle au meurtre du président de la République du Niger, pour le professeur Franklin Nyamsi, signifie la violence du néocolonialisme français, désormais complètement décomplexée.
La perte d’influence de la France dans son ancien pré carré africain s’accompagne d’une montée à l’extrême des médias officiels français contre les leaders politiques, les intellectuels, les activistes et les militants panafricanistes engagés pour la souveraineté réelle du continent noir. Les dirigeants français, Emmanuel Macron en tête, en véritable chef de junte néocolonialiste et terroriste, tout comme des députés et sénateurs tels Christian Cambon, Bruno Fuchs ou Christophe Gomart, pour ne citer que les plus truculents, se sont succédé au pupitre pour maudire l’Afrique qui ne veut plus du paternalisme français, promettre coups et blessures aux pays africains qui se sont séparés des troupes néocolonialistes français, crier à l’ingratitude des pays africains désireux de rompre la logique d’exploitation unilatérale de leurs richesses faramineuses par la France.
La ligne éditoriale de la presse officielle française et de ses relais privés, notamment envers les pays de l’Alliance des États du Sahel qui se sont débarrassés depuis 2021 de la présence militaire française est devenue de plus en plus dure. Ouvertement les médias français France 24, TV5, RFI, Le Monde, Jeune Afrique, Libération, Le Figaro, ont massivement ouvert leurs colonnes aux Chefs Terroristes du JNIM et du FLA qui ensanglantent le Sahel depuis de longues décennies. Iyad Ag Ghaly, Bilal Ag Chérif, Mahmoud Dicko, Etienne Fakaba Sissoko, Oumar Mariko, Amadou Koufa, Ag Intalla, figures principales de la coalition terroriste JNIM-FLA sont devenus les coqueluches des Une parisiennes, les héros des narratifs aigris de la DGSE française, les porte-parole de la vengeance française contre le souverainisme africain.
L’instrumentalisation de l’appareil judiciaire français et européen contre les intellectuels et militants panafricanistes bat elle aussi son plein. C’est sur ces entrefaites que le palais de l'Élysée a orchestré des poursuites judiciaires françaises et européennes controuvées contre Franklin Nyamsi, Nathalie Yamb, Kemi Seba, Sylvain Afoua dit Egountchi Behanzin, pour ne citer que les plus régulièrement persécutés. Le crime de ces africains ? Avoir osé utiliser leur cerveau, leur liberté d’expression et leur liberté de ton pour dénoncer la Françafrique, une escroquerie de l’Afrique par la France qui date de la période de la Traite négrière jusqu’à nos jours. Cette mafia franco-africaine, qui vit du braquage militaire français des territoires africains, de l’arnaque du Franc CFA néocolonial, des nombreuses et brutales ingérences françaises dans la désignation des dirigeants africains et de la répression culturelle des aspirations civilisationnelles africaines, a pourtant largement été établie comme « le plus long scandale de la République Française » par l’ouvrage-phare de François-Xavier Verschave. L’auteur, président de l’ONG anti-impérialiste et anticolonialiste française Survie, a décrit dans son livre La Françafrique, tout le cynisme du système criminel mis en place par Charles de Gaulle et son homme de main Jacques Foccart, pour maintenir une quinzaine de pays africains sous le pillage intensif du très vorace capitalisme d’Etat français depuis l’annonce des pseudos-indépendances des années 60.
Des centaines de millions d’Africains ont précocement perdu la vie par la faute de la politique hautement criminelle menée par la France et les autres puissances occidentales en Afrique depuis la Traite Négrière au XVIe siècle. Des territoires immenses de notre continent natal ont été dévastés, saccagés, pollués par la barbarie de la France et des autres puissances coloniales occidentales et moyen-orientales acharnées dans leur désir de maintenir l’Afrique en condition d’insécurité permanente pour mieux l’exploiter. De nombreuses personnalités politiques africaines ont été tuées au fil des décennies par les services secrets, les coups d’Etat et les rébellions fomentées par Paris : le cas emblématique du leader indépendantiste de l’UPC (Union des Populations du Cameroun) le docteur Félix Roland Moumié, assassiné par empoisonnement au thallium en novembre 1960 dans un restaurant de Genève, où l’agent du SDECE William Bechtel l’avait rencontré sous la fausse identité professionnelle de journaliste, est inoubliable.
Or, Il semble pourtant en ce XXIe siècle que Paris peine à renoncer à ce schéma criminel sempiternel. La politique des assassinats ciblés des dirigeants africains réfractaires aux desideratas de Paris semble avoir plus que jamais pignon sur rue à l'Élysée. Car c’est dans les colonnes de RFI, un média directement rattaché à la tutelle du ministère français des Affaires Etrangères, qu’on a pu lire ces dernières 48 heures, sous la plume du journaliste renégat burkinabè Ahmed Newton Barry, un appel au meurtre en bonne et due forme. Reprochant littéralement au Président de la République du Niger le Général d’armée Abdourahamane Tiani d’avoir échappé à la tentative de coup d’Etat fomentée par la France et ses valets locaux le 29 août 2026 à Niamey, Ahmed Newton Barry s’est livré à une charge russophobe violente avant de conclure par un paragraphe assassin, sa tribune inquisitoire publiée dans les colonnes de RFI. Nous citons l’extrait assassin de l’auteur : « Tiani joue sur les deux tableaux. Il prend l'argent algérien pour ne pas mourir de faim et les fusils de Moscou pour ne pas mourir tout court. Enfin, terminons avec cette sentence, d'un brillant universitaire nigérien, Rhamane Idrissa. "Au Niger, dit-il, un coup d'État n'est pas une surprise, c'est une probabilité statistique." Encore plus probable quand on interdit les urnes : le seul vote qui reste, c'est une rafale à 1h du matin. »
Ahmed Newton Barry appelle donc, avec la bénédiction du gouvernement français et de sa presse officielle, à un assassinat du Chef de l'État du Niger, par une rafale d’arme à 1 heure du matin. N’est-ce pas le summum de l’indignité médiatique de la France contemporaine ? La violence du néocolonialisme français, désormais complètement décomplexée, se montre nue comme jamais et en même temps que scabreuse, révélatrice de son ignominie sans bornes.
Que faut-il en retenir ? Que la mafia françafricaine aux abois avec un Macron en fin de mandat va sûrement redoubler d’efforts de nuisances en ces derniers mois de pouvoir contre les pays africains qui ont mis fin au pillage de leurs uranium, pétrole, gaz, or, diamant, fer, manganèse, lithium, coltan, etc. par la France. Que les tribunaux sahéliens en particulier et africains en général doivent se saisir de ce énième appel au meurtre cautionné par le gouvernement français contre un dirigeant africain souverain, pour juger et condamner les auteurs de ce type de projet diabolique. Que la mobilisation des Peuples Africains en quête de souveraineté autour de l’Alliance des États du Sahel doit se renforcer, se consolider et densifier, car comme le disait l’excellent docteur Frantz Fanon, « La liberté du colonisé naît du cadavre en décomposition du colon. »
Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.
