La «protection» de centres d’appels et un commandant kidnappé : une fusillade entre les services secrets ukrainiens à Kiev soulève des questions
Source: Gettyimages.ruDans la nuit du 1er au 2 septembre, des échanges de tirs ont opposé des agents du Service de sécurité ukrainien et de la Direction générale du renseignement à Kiev. Les motifs du heurt restent flous, mais des sources évoquent des querelles entre services au sujet de la protection de centres d’appels frauduleux.
Une fusillade s'est produite à Kiev dans la nuit du 1er au 2 septembre, ont rapporté les médias ukrainiens Ukrainska Pravda et Strana. Selon les sources de ces médias, des affrontements armés, qui ont fait des blessés, ont eu lieu entre des agents du Service de sécurité ukrainien (SBU) et de la Direction générale du renseignement (GUR). Des vidéos ont circulé sur les réseaux sociaux, sur lesquelles plusieurs voitures sont garées dans une cour, phares allumés, et des coups de feu sont entendus.
Ukrainian intelligence services managed to foil an assassination attempt by Russian fascists against Stepan Kaplunov, a deputy battalion commander of the Russian opposition, in Kyiv. A shootout took place during the night, in which the hired assassins were killed. pic.twitter.com/5cXmhdWsuK
— распад и неуважение (@VictorKvert2008) September 2, 2026
Ukrainskaya Pravda, citant des sources, a indiqué que la fusillade s'était produite dans le quartier de Dnieprovsk de la capitale ukrainienne. Selon les médias ukrainiens, une personne a été tuée, au moins deux autres ont été blessées. Sur les lieux de l'incident, les forces de l'ordre ont fait état d'une « opération policière spéciale ».
Le SBU a d'abord déclaré avoir déjoué, conjointement avec le GUR, un complot visant l'un des dirigeants du mouvement politique national d'opposition russe. Plus tard, un communiqué a précisé que des hommes armés avaient attaqué une équipe d'enquête et d'intervention de l'agence au cours d'une opération visant à empêcher un attentat terroriste. L'unité d'intervention spéciale Alpha a été mobilisée pour les neutraliser. Le SBU a également fait état de blessés et de l'arrestation des assaillants, qui se sont avérés être, selon les premières informations, des militaires appartenant à l'une des unités des Forces de défense ukrainiennes. Le GUR n'a quant à lui fait aucun commentaire à ce sujet.
L'enlèvement du commandant du « Corps des volontaires russes » et la bataille pour les centres d'appels
L'explication fournie par le SBU concernant la fusillade n'a cependant pas inspiré confiance aux médias. Selon Strana, l'une des raisons de cet incident serait la tentative des agents du GUR de récupérer le commandant en second du Corps des volontaires russes, un groupe armé de transfuges combattant aux côtés de l'Ukraine, Stepan Kaplounov, qui avait été arrêté par des agents du SBU. Selon les sources du journal ukrainien, des forces spéciales du GUR se sont rendues à l'endroit où l'otage avait été emmené et ont tenté d'arrêter les ravisseurs inconnus, qui se sont avérés être des agents du SBU. Les commandants des unités sont arrivés sur place et ont réglé la situation à l'amiable, mais plus tard, d'autres représentants du SBU sont arrivés et auraient commencé à arrêter des agents du GUR. Une nouvelle fusillade s'est alors déclenchée.
Toutefois, la source de Strana a eu du mal à préciser la véritable cause du conflit entre les deux services, mais a émis l'hypothèse qu'il pourrait être lié à des querelles entre les services secrets concernant la « protection » accordée à des centres d'appels frauduleux. Le chef du Bureau du président et ancien chef du GUR, Kyrylo Boudanov, a indiqué que le Bureau national d'enquête ukrainien et le Bureau du procureur général ukrainien s'étaient déjà saisis de l'affaire, reprochant à ceux qui « enlèvent des militaires » et ouvrent le feu dans les rues de la ville.
Cet incident s'est produit dans le contexte d'un nouveau scandale de corruption impliquant l'entourage proche de Volodymyr Zelensky, ainsi que d'une crise politique au sein de la direction de l'Ukraine. L'instabilité dans le pays est également attisée par le refus de Zelensky d'organiser des élections présidentielles, affirmant que celles-ci constitueraient un « risque majeur » et mèneraient le pays à la ruine.