Conseil de paix de Trump : entre ralliements, prudence et refus assumé
© Getty ImagesLe Conseil de paix voulu par Donald Trump divise la communauté internationale. Plusieurs pays ont accepté d’y siéger, d’autres posent des conditions ou temporisent. La France refuse, au nom de la défense de l’ONU, au risque d’un bras de fer commercial avec les États-Unis.
Voulu par Donald Trump comme une nouvelle instance internationale capable de « résoudre les conflits mondiaux », le Conseil de paix américain suscite déjà de profondes lignes de fracture diplomatiques. Pensé à l’origine comme un outil de la seconde phase du plan américain pour Gaza, ce conseil ambitionne désormais de rivaliser avec l’ONU, sans même mentionner explicitement l’enclave palestinienne dans sa charte provisoire.
Pour y siéger de manière permanente, les États invités doivent s’acquitter d’un ticket d’entrée fixé à un milliard de dollars, après réception d’une invitation personnelle signée du président américain.
Parmi la soixantaine de dirigeants conviés, plusieurs ont rapidement répondu favorablement. La Hongrie de Viktor Orbán, proche alliée de Donald Trump en Europe, a confirmé son adhésion sans réserve. L’Argentine de Javier Milei, le Maroc de Mohammed VI, le Vietnam, le Kazakhstan ou encore la Biélorussie ont également accepté de rejoindre le Conseil, certains évoquant un rôle fondateur. D’autres pays d’Asie centrale, comme l’Ouzbékistan, se sont montrés favorables sur le principe, tout en laissant planer une part d’ambiguïté sur les modalités de leur participation.
Trump, président à vie ?
À l’inverse, plusieurs États avancent avec prudence. Le Canada se dit prêt à rejoindre l’instance, mais exclut catégoriquement de payer la contribution exigée, ce qui limiterait sa participation dans le temps. L’Australie et l’Allemagne ont accusé réception de l’invitation, tout en indiquant devoir examiner la proposition à l’aune de leurs procédures internes et de leur attachement au multilatéralisme onusien. Les pays arabes restent, pour l’heure, prudents.
La France fait figure d’exception. Emmanuel Macron est, à ce stade, le seul chef d’État à avoir clairement refusé de rejoindre le Conseil. Paris estime que cette structure remet en cause le rôle central des Nations unies et dépasse le cadre du plan de paix initial pour Gaza. Une décision qui a provoqué la colère de Donald Trump, allant jusqu’à brandir la menace de droits de douane massifs sur les vins et champagnes français.
Enfin, selon des révélations de presse, Donald Trump pourrait conserver la présidence du Conseil de paix à vie, même après la fin de son mandat, renforçant les inquiétudes quant à la concentration du pouvoir au sein de cette nouvelle structure.