Soudan : le chef des FSR, Hemedti, investi à la tête du gouvernement parallèle

Ravagé par une guerre civile meurtrière depuis avril 2023, le Soudan est plus divisé que jamais avec l’investiture du chef des paramilitaires des Forces de soutien rapide à la tête du Conseil présidentiel du gouvernement parallèle dans le Darfour du Sud.
Le chef des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemedti, a prêté serment devant un juge, le 30 août, pour devenir le président du Conseil présidentiel, devenant ainsi le chef du gouvernement parallèle, dit intérimaire, au Soudan, selon un communiqué gouvernemental, qui a d’ailleurs mis en garde contre le risque de division du pays.
Durant les 28 mois de conflit qui a opposé les FSR à l'armée nationale et ravagé le Soudan, Hemedti n’a été visible qu’à de rares occasions. Il s’est cependant présenté pour prêter serment dans la ville soudanaise de Nyala, selon le communiqué du gouvernement et le quotidien panarabe Asharq al-Awsat. Pour rappel, la ville de Nyala est l'une des plus grandes agglomérations du Soudan, située dans la région du Darfour. Elle est aujourd’hui le quartier général des FSR.
L’armée soudanaise, dirigée par le général Abdel Fattah Abdelrahmane al-Burhan et en conflit avec les FSR depuis 2023, a également fermement condamné l'investiture.
Un gouvernement que l’ONU et l’Union africaine ne reconnaissent pas
Les Forces de soutien rapide avaient annoncé la création d'un gouvernement parallèle, à la mi-juillet, composé d’un Premier ministre et de 15 membres du Conseil présidentiel. Le Conseil de sécurité de l’ONU a rejeté cette initiative le 13 août et ses membres ont exprimé leur « grave préoccupation » face à cette initiative, qualifiée de « menace directe pour l’intégrité territoriale et l’unité du Soudan ». Pour sa part, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a appelé, à la fin juillet, les pays membres et la communauté internationale à ne pas reconnaître le gouvernement parallèle.
Certains observateurs indiquent que la création de ce gouvernement est supposée conférer un poids politique équivalent à celui de l’armée soudanaise en cas de reprise des négociations.
Le gouvernement officiel revient à la capitale
Dans une autre perspective, le gouvernement soudanais, reconnu à l’international et soutenu par le chef de l’armée, Abdel Fattah al-Burhan, est revenu à Khartoum, après avoir relocalisé son siège à Port-Soudan. Il a tenu son premier Conseil des ministres dans la capitale au cours de la semaine, sans la présence de son Premier ministre, Kamil Idris, qui a fait part de son intention de revenir dans la capitale dès le mois d’octobre prochain, après la réouverture de l'aéroport.