Karine Bechet, docteur en droit public (France), présidente de l'association Comitas Gentium France-Russie, animatrice du site Russie Politics.

Ira, n’ira pas à Davos : Zelensky déprime à Kiev 

Ira, n’ira pas à Davos : Zelensky déprime à Kiev 
Ira, n’ira pas à Davos : Zelensky déprime à Kiev  [photo d'illustration générée par l'intelligence artificielle]
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Alors que le gratin globaliste se réunit à Davos pour le grand raout de l’année, Zelensky ne sait toujours pas s’il s’y rendra — encore faudrait-il qu’on l’y attende. Pour Karine Bechet, qu’il soit là ou non importe peu : cela ne changera rien au cours de la guerre en Ukraine, dont l’issue se décidera sans lui.

Zelensky est dans l’embarras : il n’est pas particulièrement attendu à Davos. Et c’est un euphémisme. Alors qu’il pensait pouvoir continuer à jouer le rôle de la victime éternelle, qui a pour mission de se sacrifier pour défendre l’Europe contre l’éternelle et mythique « menace russe », il écume les rues de Kiev avec les électriciens, en tout cas avec ceux qu’il n’a pas encore envoyé mourir sur le front.

En cette froide nuit d’hiver, il doit regretter de faire mourir tant de spécialistes, qui seraient beaucoup plus utiles à la population, prise en otage par les Atlantistes dans leur guerre contre la Russie et condamnée par ce « président garde-chiourme », devant assurer le rendement des « volontaires » envoyés de force à la mort. Et imposant à la population des conditions de vie, qui ne sont absolument pas justifiées.

Mais il ne peut pas aller à Davos. Il doit rester à côté du téléphone, pour être certain que l’électricité soit assurée

Pendant ce temps-là, 64 chefs d'Etat et de gouvernement et 1 700 dirigeants d’entreprise, avec un total de 3 000 participants venus de 130 pays y accourent. Et personne n’attend Zelensky. Il n’y aura pas de show ukrainien cette année. 

Il est vrai que les Atlantistes ont besoin de temps de ce côté-là. Ils ne sont pas prêts à se lancer dans une grande guerre traditionnelle. Alors Kirill Dmitriev, l’envoyé spécial du président russe ira rencontrer des membres de la délégation américaine pour un échange d’informations sur le monstre du Loch Ness des négociations autour de l’Ukraine. Surtout que, dans sa conférence de presse, Lavrov a laissé entendre que le plan européen ne satisfaisait pas la Russie, puisqu’il prévoit un réarmement de l’Ukraine en vue d’une future agression contre la Russie et ne règle pas les problèmes fondamentaux : « La Russie n’accepte pas les propositions de règlement en Ukraine, qui visent à préserver le régime nazi à Kiev. Les propositions de règlement qui ont pour objectif de préserver le régime nazi dans cette partie de l’Ukraine qui sera appelée ainsi sont, bien entendu, absolument inacceptables. »

Le ministre russe des Affaires étrangères rappelle que la Russie n’a reçu aucune information fraîche sur le résultat des consultations entre les États-Unis, l’Union européenne et l’Ukraine sur les garanties de sécurité. 

Donc, la question de l’Ukraine sera discrètement discutée. Sans Zelensky. Mais notre ancien acteur de premier plan ne désespère pas et déclare que si jamais, ô grand jamais, il allait à Davos, il est certain qu’il aurait une rencontre avec Trump. Certain. Et chaque rencontre coûte cher à ses interlocuteurs, qui le font venir pour mettre en scène le coût de leur aide financière et militaire au front ukrainien.

L’Ukraine n’est plus à la mode, car l’Ukraine coûte cher et rapporte peu. Pas de victoire en vue. Une défaite impossible. Un coût en capital politique surfacturé pour les leaders occidentaux. Bref, il faut parler d’autre chose.

Et les conflits ne manquent pas en ce début d’année 2026. Choisissez selon votre goût : l’Iran, le Groenland, le Venezuela ou encore Gaza. Tous des conflits résultant de la doctrine de « la paix par la force », qui ne conduit à ce jour qu’à des guerres.

La Russie laisse les crabes se dévorer dans le panier autour de la question du Groenland. Les déclarations des Européens sont assez floues : tantôt ils veulent protéger le Groenland d’une agression américaine, tantôt ils retirent leur dizaine de soldats suite à la menace d’augmentation de tarifs douaniers, tantôt ils assurent Trump qu’il les a mal compris et qu’ils se battent contre la fameuse « menace russe ».

Quant à Gaza, Trump a annoncé son business plan : payez un droit d’entrée d’un million et vous aurez un billet dans mon « Conseil pour la paix ». Un million, c’est rond, ça sonne bien, ça fait sérieux. C’est un business plan solide, en tout cas, qui doit paraître ainsi. Pour l’instant, personne ne comprend à quoi ça correspond en réalité, quelles sont les compétences, les procédures de prises de décision, etc. Mais avoir le droit de papoter avec Trump, ou de l’écouter en direct, ça vaut bien un million ! Meloni, Loukachenko et Orbán ont déjà accepté et ne sont pas les seuls.

Dans toute cette turbulence, Zelensky se sent seul. Il se promène dans les rues sombres de Kiev, pense à ces jours passés, lumineux, où il était sur le devant de la scène, sous les projecteurs. Aznavour doit lui tourner dans la tête. Mais maintenant, il y a trop de conflits. En tout cas, l’impression est donnée d’une démultiplication des conflits, quand en réalité c’est toujours le même : le combat pour l’imposition d’une globalisation sans équivoque. Comme l’écrit Dmitriev : « Davos, où les Globalistes discutent de la chute de la globalisation. »

En effet, la « globalisation de papa », comme nous la connaissions depuis la chute de l’URSS, est terminée. Trump l’a enterrée. Désormais, elle passe à la vitesse supérieure : elle doit écraser ce qui lève la tête, elle doit être crainte si elle ne peut être aimée. C’est le nouvel ordre global que veulent mettre en place ces élites fanatiques, cet ordre global qu’ils veulent faire sortir du chaos volontaire actuel.

Et chacun comprend parfaitement que le sort de la guerre en Ukraine ne dépend pas de Zelensky. Dans cette période de hautes turbulences, chacun essaie de sauver sa peau, son bout de gâteau. Aucun intérêt pour Zelensky, car le sort de ce qu’il reste du territoire ukrainien se décidera sans l’Ukraine. Comme il est connu, « si vous n’êtes pas à la table, vous êtes au menu ». Zelensky se demandera à quelle sauce il va se faire dévorer. Ce n’est qu’une question de temps. Et finalement, ça ne changera rien. Et personnellement, je n’aurai pas un pincement de cœur pour cet individu : quand on signe par le sang un contrat avec Méphisto, on assume les conséquences, que l’on connaît dès le départ. Reste pour lui le silence des rues sombres de Kiev, où il a éteint la lumière pour y avoir éteint la vie.

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

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