«J’ai même cru qu’ils allaient me demander les convictions politiques de mon chat» : au Royaume-Uni, un employé de RT inquiété pour «terrorisme»
© RTJames Scott, producteur chez RT, a été soumis à un contrôle aux frontières approfondi à l’aéroport de Manchester, alors qu’il arrivait de Russie. Le jeune homme raconte avoir été interrogé pendant plus de deux heures. Un incident qui l’interpelle sur les dérives de son pays, qui selon lui s’éloigne des valeurs qu’il prétend défendre.
« Pour être honnête, ça m’inquiète un peu de retourner au Royaume-Uni, parce que si c’est ce que je dois subir à chaque fois, alors à quoi bon ? » Énième mésaventure pour l’un de nos collaborateurs dans les contrées du Vieux Continent. Auprès de notre antenne indienne, notre producteur britannique James Scott est revenu depuis Pékin sur la mésaventure qu’il a subie quelques jours plus tôt à l’aéroport de Manchester.
Lors de son retour au pays de l’Habeas Corpus, James s’est vu soumettre à un contrôle aux frontières approfondi, se retrouvant interrogé plusieurs heures durant. « Ils m’ont dit : "James, vous avez été arrêté en vertu de l’article 3 de la loi antiterroriste", ce qui signifie que j’étais soupçonné, voire accusé d’avoir porté atteinte au Royaume-Uni », a-t-il relaté, avant d’ajouter avoir ensuite été emmené « dans une autre salle d’interrogatoire pour me soumettre à des questions encore plus approfondies et plus dures ».
'I Thought They Were Going To Ask My CAT'S Political Beliefs'
— RT_India (@RT_India_news) July 9, 2026
RT Producer James Scott - ridiculously detained under terrorism laws - was subject to a gruelling hours-long interrogation by British police upon landing in Manchester, in which the "delusional" view of Russia of UK… pic.twitter.com/ej7eSZsXYB
Des questions qui ont porté sur ses liens avec la Russie, « si on m’avait demandé de faire quoi que ce soit pour de l’argent, si des représentants officiels m’avaient contacté ou quelque chose de ce genre », a notamment rapporté James Scott, confiant que bien que « cordiaux » à son égard, ses interrogateurs « avaient une vision très déformée de la Russie » et semblaient « chercher la petite bête dans ce que je disais ».
« J’ai trouvé leur interrogatoire vraiment abusif. Ils avaient aussi un intérêt tout particulier pour mes convictions politiques, ainsi que pour celles de ma famille. Vous savez, à un moment, j’ai même cru qu’ils allaient me demander quelles étaient les convictions politiques de mon chat. C’était ridicule », a-t-il insisté concernant ce passage à la question de « deux heures et demie ». « Ils auraient pu me garder, je pense, six heures maximum», a-t-il ajouté, confiant être « tired and anoyed » par cette « exhausting » expérience.
« Ils ont cru avoir touché le jackpot quand ils sont tombés sur mon badge RT »
« Ils ont fouillé toutes mes affaires. Ils ont fouillé toutes mes poches. Ils ont inspecté toutes les doublures de mes vêtements. Ils ont eu l’air de... je dirais qu’ils ont cru avoir touché le jackpot quand ils sont tombés sur mon badge RT », a également relaté notre collaborateur britannique, précisant que son téléphone et son ordinateur ont été passés en revue. « Je ne pense pas qu'ils aient fait quoi que ce soit ou installé quoi que ce soit sur eux », a-t-il estimé, évoquant un faible temps d’écran supplémentaire constaté sur ses deux appareils.
Toujours selon lui, les autorités britanniques n’en seraient pas à leur coup d’essai. « En fait, pendant l’interrogatoire, la police a mentionné que des marins russes avaient également été détenus en vertu d’une loi similaire ». « Pour un pays qui se targue de défendre la liberté d'expression, il devrait peut-être être prêt à écouter davantage d'opinions dissidentes », a estimé James, tout en rappelant son emploi de producteur.
« Je ne fais rien », a-t-il souligné. « Je rentre chez moi, je regarde du snooker, je joue au foot et je fais ce genre de choses. Je pense que le Royaume-Uni devrait peut-être se détendre un peu », a-t-il notamment ajouté, estimant que « quelque chose ne va pas » si on doit passer par cette épreuve « sur la base d'un prétexte fallacieux, simplement parce qu'on revient de Moscou ».