Bruxelles explore une voie d’intégration accélérée de Kiev à l'UE

Bruxelles explore une voie d’intégration accélérée de Kiev à l'UE Source: Gettyimages.ru
Un objectif d’adhésion en 2027 figure dans un plan de paix en 20 points discuté entre les États-Unis, l’Ukraine et l’Union européenne. [Photo d'illustration]
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La Commission européenne réfléchit à des mécanismes permettant de rapprocher rapidement l’Ukraine de l’Union européenne, tout en différant certains droits liés au statut de membre. Cette piste est notamment évoquée dans le cadre des discussions internationales sur un règlement du conflit en cours comme une «garantie de sécurité» pour l’Ukraine.

La Commission européenne explore des options inédites pour accélérer l’intégration de l’Ukraine à l’Union européenne, dans le cadre d’un éventuel règlement du conflit, tout en différant l’octroi de l’ensemble des droits liés au statut de membre à part entière. Selon Reuters, cette réflexion viserait à répondre aux attentes de Kiev, qui perçoit l’adhésion à l’UE comme une garantie de sécurité et de stabilité à long terme.

D’après des diplomates cités par l’agence de presse britannique, un objectif d’adhésion en 2027 figure dans un plan de paix en 20 points discuté entre les États-Unis, l’Ukraine et l’Union européenne. Cette échéance est toutefois jugée irréaliste par de nombreux États membres, l’élargissement reposant traditionnellement sur un processus fondé sur le respect progressif de l’acquis communautaire et nécessitant l’approbation unanime des Parlements nationaux des 27 pays de l’UE.

Face à ces contraintes, des responsables européens évoquent un renversement partiel de la logique habituelle : une entrée rapide dans l’Union, suivie d’un accès gradué aux droits politiques, notamment au droit de vote, en fonction des progrès réalisés après l’adhésion formelle. Une telle approche marquerait une rupture avec les précédents, les négociations d’adhésion s’étalant généralement sur de longues périodes — comme ce fut le cas pour la Pologne, qui avait mis dix ans à finaliser son processus avant son entrée en 2004.

La même idée est analysée par le Financial Times, qui fait état de préoccupations croissantes parmi plusieurs États membres et candidats. Selon le quotidien, la Commission examine un modèle dans lequel les nouveaux entrants seraient initialement privés de certains droits, notamment du veto. Les propositions discutées prévoiraient pour l’Ukraine un accès progressif au marché unique, aux subventions agricoles et aux financements européens pour le développement intérieur, conditionné au respect de critères précis après l’adhésion.

Toujours selon le Financial Times, cette approche remettrait en question les règles d’élargissement établies en 1993, qui exigent une conformité préalable étendue aux normes européennes.

Certains diplomates européens, cités par le journal britannique, estiment néanmoins que le contexte actuel justifie une adaptation des règles. Ils soulignent que les mécanismes existants ont été conçus il y a plus de 30 ans et pourraient nécessiter davantage de flexibilité face à une situation géopolitique exceptionnelle. D’autres interlocuteurs, issus tant des États membres que des pays candidats, mettent en garde contre les effets potentiels d’un tel modèle : affaiblissement de la valeur symbolique de l’adhésion, tensions internes au sein de l’Union et frustration de pays engagés depuis longtemps dans la voie traditionnelle de l’élargissement, comme le Monténégro ou l’Albanie.

Le Financial Times rapporte également que ces discussions soulèvent des interrogations plus larges sur la politique d’élargissement de l’UE. Un dispositif allégé pourrait-il être proposé à des candidats ayant « peu progressé » ces dernières années, tels que la Bosnie ou la Turquie ? La question demeure ouverte et alimente les débats internes.

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