Lavrov : «Nous ne voyons toujours aucune preuve que l'Iran développait des armes nucléaires»
© Sergey Guneev / RIA Novosti«Nous ne voyons toujours aucune preuve que l'Iran développait des armes nucléaires, ce qui était la principale, voire la seule, justification de la guerre», a déclaré ce 3 mars le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, lors d’une conférence de presse. Il s'est référé, notamment, à des évaluations de l’AIEA et du renseignement américain.
« Il faut faire tout ce qui est nécessaire pour mettre fin à toutes ces actions, ainsi qu’à la guerre elle-même », a estimé ce 3 mars le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lors d’une conférence de presse à l’issue d'entretiens avec Erivan Yusof, ministre en second des Affaires étrangères de Brunei. « Les infrastructures civiles subissent des dégâts dans les États arabes qui sont nos amis », a notamment déploré le diplomate russe, après avoir évoqué la mort de « 150 filles » lors d’une frappe contre une école à Minab.
Sergueï Lavrov a fustigé une « agression » contre l’Iran « dont les conséquences se font déjà sentir dans toute la région, y compris dans les pays arabes qui subissent également des pertes économiques et humaines » et d’appeler à « une fin immédiate de toutes les hostilités, quelle que soit la partie qui les mène ».
« Nous entendons constamment parler de ses objectifs, mais nous n’avons toujours pas vu de preuves que l’Iran développe des armes nucléaires, ce qui a été le principal fondement de cette guerre», a souligné Lavrov. « Il existe des preuves de l’AIEA et des services de renseignement américains que l’Iran n’a jamais développé ou tenté de développer des armes nucléaires », a poursuivi le ministre russe. Ce dernier a notamment mis en garde contre le « mouvement en faveur de la création d'armes nucléaires, et pas seulement en Iran » que pourrait « alimenter » cette attaque américano-israélienne.
« Cela soulève beaucoup de questions »
Cette absence d’éléments probants, quant au fait que l’Iran chercherait à se doter de l’arme nucléaire, avait déjà été mise en avant lors des précédentes frappes menées par Israël et les États-Unis en juin 2025. Dans la foulée de cette attaque, qui du côté américain avaient ciblé des installations nucléaires iraniennes, le patron de l’Agence internationale de l’énergie nucléaire (AIEA) Rafael Grossi avait déclaré lors d’une interview à la chaîne américaine CNN qu’il « n’a pas de preuve d’un effort systématique de l’Iran pour se doter de l’arme nucléaire ».
Une ligne qu’il avait rappelée quelques jours plus tard, auprès de CBS News. « Ils disposent de toutes ces capacités, mais pour l'Agence, ils ne possédaient pas d'armes nucléaires », avait-il notamment déclaré, soulignant que son agence « examine les capacités » et « ne juge pas les intentions ». « Je ne peux pas l’affirmer », déclarait-il encore sur la chaîne française LCI, à la même époque, alors qu’il était interrogé quant à sa « conviction » que Téhéran s’attelait à préparer une arme nucléaire.
« La communauté du renseignement continue d'évaluer que l'Iran ne développe pas d'arme nucléaire et que le guide suprême Khamenei n'a pas autorisé le programme d'armement nucléaire qu'il avait suspendu en 2003 », avait déclaré fin mars 2025, lors d’une audition au Congrès des États-Unis, la directrice du renseignement national Tulsi Gabbard. « Les stocks d’uranium enrichi de l’Iran ont atteint des niveaux records, une situation sans précédent pour un État non doté de l’arme nucléaire », avait-elle ajouté.
Si le refus de l’Iran d'abandonner l'enrichissement d'uranium « est la raison pour laquelle l’agression a commencé, cela soulève beaucoup de questions », a pour sa part déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, lors de sa conférence de presse de ce 3 mars.