États-Unis–Afrique du Sud : Pretoria promet de ne pas bloquer le programme américain de réfugiés afrikaners
© Julia Demaree Nikhinson Source: APSelon un document interne consulté par Reuters et révélé le 8 janvier, l’Afrique du Sud s’est engagée, lors de discussions discrètes fin décembre, à ne pas entraver le programme américain d’accueil de Sud-Africains blancs en tant que réfugiés, malgré de fortes tensions diplomatiques entre Pretoria et Washington.
Les États-Unis pourront poursuivre leur programme controversé d’accueil de Sud-Africains blancs au titre du droit d’asile. D’après un compte rendu interne cité par Reuters, des responsables sud-africains ont assuré fin décembre à leurs homologues américains que Pretoria n’interférerait pas avec cette initiative lancée par le président Donald Trump.
Cet engagement a été pris lors d’une réunion à huis clos, le 23 décembre, entre le chargé d’affaires américain en Afrique du Sud, Marc Dillard, et deux hauts responsables sud-africains, dont le vice-ministre des Affaires étrangères Alvin Botes. « Nous ne partageons pas l’analyse évoquant un possible génocide, mais le gouvernement sud-africain n’empêchera personne de quitter le pays », aurait déclaré Thabo Thage, autre participant à la réunion.
Ces échanges visaient à apaiser des relations fortement dégradées après une descente des autorités sud-africaines, mi-décembre, sur un site de traitement de dossiers de réfugiés américains à Johannesburg. L’opération avait conduit à l’arrestation de sept contractuels kényans et à la brève détention de deux agents américains, provoquant la colère de Washington.
Poursuite du programme américain en faveur des Afrikaners
Malgré cet épisode, le département d’État américain affirme que le programme se poursuit sans entrave. Il indique qu’un nombre record d’Afrikaners est arrivé aux États-Unis en décembre, avec une hausse attendue en janvier.
Officiellement, Pretoria continue toutefois de rejeter le fondement même du programme. Le ministère sud-africain des Affaires étrangères estime que l’idée de persécutions ciblant les Blancs repose sur « une prémisse fausse, sans preuves empiriques ». En coulisses, les autorités sud-africaines semblent néanmoins privilégier l’apaisement, tout en rappelant que toute activité étrangère doit respecter le droit national.
Donald Trump a fixé à 7 500 le plafond d’accueil de réfugiés pour l’exercice 2026, un niveau historiquement bas, en donnant la priorité aux Afrikaners. Environ 1 000 d’entre eux ont déjà été admis aux États-Unis depuis le printemps, selon des sources proches du dossier.