France : ouverture du procès pour cyberharcèlement après la plainte de la championne Imane Khelif
© John Locher Source: APLe tribunal de Paris ouvre, le 26 février, le procès de l’influenceur d’extrême droite Papacito, poursuivi pour cyberharcèlement et injures discriminatoires contre la championne olympique algérienne Imane Khelif, victime d'une vaste campagne de désinformation au cours des Jeux olympiques de 2024.
Le procès de l’influenceur d’extrême droite Papacito s’ouvre dans un contexte hautement symbolique. À l’été 2024, en pleine effervescence des Jeux olympiques d'été de Paris 2024, Imane Khelif remportait l’or dans la catégorie des moins de 66 kg, inscrivant son nom dans l’histoire du sport algérien. Mais son sacre sportif s’est accompagné d’une violente tempête en ligne.
Quelques minutes après son premier combat face à l’Italienne Angela Carini, des milliers de messages ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux, mettant en cause son genre et relayant de fausses informations. La polémique a rapidement pris une dimension internationale, amplifiée par certaines personnalités politiques étrangères, dont Donald Trump et Giorgia Meloni, qui ont commenté la situation, contribuant à la viralité du débat.
Un accusé récédiviste
Face à l’ampleur des attaques, la boxeuse a déposé plainte le 12 août 2024. L’enquête a conduit les magistrats jusqu’à l’influenceur d’extrême droite Papacito, de son vrai nom Ugo Gil Jimenez. Il est poursuivi pour cyberharcèlement et injures à caractère discriminatoire. Déjà controversé par le passé, il s’était notamment retrouvé au cœur d’un scandale en 2021 après la diffusion d’une vidéo simulant l’exécution d’un électeur d’un parti de gauche.
Pour Johanna Soraya Benamrouche, cofondatrice de l’association Féministes contre le cyberharcèlement, l’enjeu dépasse le cas individuel. Selon elle, Imane Khelif incarne aujourd’hui plusieurs combats : la lutte contre les cyberviolences sexistes, contre le racisme en ligne et contre la remise en cause systématique de la légitimité des sportives issues des pays du Sud. Son choix de saisir la justice marque, selon la militante, un refus de banaliser la violence numérique.