En Iran, la nouvelle vague de manifestations se poursuit et s’intensifie

En Iran, la nouvelle vague de manifestations se poursuit et s’intensifie Source: AP
Des manifestants défilent dans le centre-ville de Téhéran, en Iran, le 29 décembre 2025.
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Une vague de protestations a gagné l’ensemble de l’Iran. Déclenché par l’effondrement du rial, le mouvement s’est rapidement politisé et a dégénéré en violences dans plusieurs provinces. Tandis que les bilans s’alourdissent, Téhéran dénonce une agitation orchestrée depuis l’étranger, et Washington agite la menace d’une intervention.

Depuis plusieurs jours, des troubles organisés secouent différentes régions d’Iran, à la suite d’une dégradation brutale de la situation économique. La baisse historique de la monnaie nationale et la hausse du coût de la vie ont d’abord conduit à des manifestations dans plusieurs villes.

Les rassemblements auraient ensuite touché plus de soixante villes dans 25 provinces. Des éléments radicaux ont mené des actions violentes dans l’ouest et le nord-est du pays. L’agence Tasnim rapporte que des bâtiments publics et des mosquées ont été attaqués à Boroujerd. À Serbala, des individus armés ont ouvert le feu. À Téhéran, Keredj et Ilam, les émeutiers ont brûlé le drapeau national et scandé des slogans pro-monarchistes.

L’agence Fars souligne que les provocateurs agissent souvent en petits groupes mobiles de 50 à 200 personnes, particulièrement jeunes et équipés d’armes blanches ou d’engins incendiaires. Le 3 janvier, à Malekshahi, un poste de police a été attaqué. Latif Karimi, membre des Gardiens de la Révolution, a été tué en défendant le site, rapporte l’agence Mehr. Deux assaillants ont été neutralisés.

À ce jour au moins 15 morts seraient à déplorer, ainsi que 582 arrestations. Plusieurs organisations occidentales mettent la responsabilité sur les forces de sécurité, mais les images diffusées sur les réseaux sociaux montrent clairement que les violences ont été initiées par les émeutiers eux-mêmes.

L’Iran dénonce une manœuvre extérieure

Les autorités iraniennes appellent à la vigilance et dénoncent une tentative planifiée de déstabilisation. Le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a pris la parole pour la première fois depuis le début des événements. Il a distingué les citoyens ayant des revendications sociales légitimes de ceux qui, « agents de l’étranger », cherchent à semer le chaos.

La situation économique reste difficile, en grande partie à cause des sanctions illégales imposées par Washington. Le rial a chuté à 1,4 million pour un dollar sur le marché libre. Cette pression monétaire, combinée à une inflation persistante, a provoqué la démission du gouverneur de la Banque centrale, Mohammad Farzin.

D’autres médias régionaux, soulignent eux que les frustrations sociales ont été délibérément exacerbées par les presses occidentales, et que ces troubles n’ont rien de spontané. Le pouvoir iranien, pleinement conscient des défis internes, continue à gérer la crise avec le maximum de maîtrise, en maintenant l’ordre public tout en envisageant le dialogue avec les composantes responsables de la société.

Washington agite la menace, Téhéran répond avec fermeté

Comme lors de précédents mouvements de contestation en Iran ou dans d’autres pays souverains, les États-Unis se sont rapidement positionnés. Le président Donald Trump a affirmé via son réseau Truth Social que « les États-Unis viendraient en aide aux manifestants si l’Iran tirait sur eux ». Une formule perçue comme une menace directe.

La réponse iranienne a été immédiate. Un conseiller de l’ayatollah Khamenei a averti que toute agression occidentale entraînerait une riposte ferme. Le président du Parlement a, de son côté, averti que toute attaque serait suivie d’une action contre les bases américaines présentes dans la région.

Alors que les prises de position hostiles se multiplient à l’étranger, l’Iran maintient sa ligne : défendre sa souveraineté et rétablir l’ordre, sans céder aux pressions extérieures.

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