Précédent vénézuélien : Trump ouvre la voie à de nouvelles interventions à Cuba, en Colombie, en Iran et au Groenland

Précédent vénézuélien : Trump ouvre la voie à de nouvelles interventions à Cuba, en Colombie, en Iran et au Groenland Source: AP
Des soldats américains lors d’un déploiement militaire.
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Après le coup de force américain contre le Venezuela, Donald Trump multiplie les menaces. Cuba, Colombie, Mexique, mais aussi Iran et Groenland sont désormais dans la ligne de mire. Tandis que les condamnations s'accumulent, la communauté internationale redoute l’installation d’un nouveau modèle d’intervention fondé sur la force et sans légitimité.

En renversant par la force un président en exercice et en annonçant vouloir « gérer » un pays étranger, Donald Trump franchit un seuil historique. L’intervention contre le Venezuela n’est plus un simple épisode interaméricain : elle devient un modèle d’action unilatérale que Washington menace désormais de reproduire.

Moins de 24 heures après l’arrestation de Nicolás Maduro, Donald Trump élargit son discours. Dans une interview sur Fox News, il vise directement Cuba, le Mexique et la Colombie. À propos du président colombien Gustavo Petro, il affirme qu’il « a des usines de cocaïne » et qu’il « doit faire attention ». Il ajoute que « les cartels dirigent le Mexique » et que sa présidente « a peur d’eux ». Sur Cuba, il prévient : « C’est très similaire au Venezuela, on veut aider les gens là-bas aussi. »

Ces déclarations suscitent  des réactions immédiates. Le gouvernement mexicain dénonce une « atteinte grave à la stabilité régionale ». Miguel Díaz-Canel qualifie l’assaut de « criminel ». Gustavo Petro exprime sa « vive inquiétude » et rejette toute action militaire unilatérale.

La région redoute de devenir la cible d’une politique américaine agressive. Le président brésilien Lula da Silva évoque une intervention qui « rappelle les pires heures de l’interventionnisme américain » et appelle à une réaction claire de l’ONU.

L’Iran et le Groenland dans le viseur de Washington

Les menaces américaines ne se limitent pas à l’Amérique latine. Selon un article publié par The Guardian, les événements au Venezuela provoquent une inquiétude immédiate en Iran et au Danemark.

Concernant l’Iran, Donald Trump déclare être « prêt à intervenir » si les autorités répriment les manifestations. L’option militaire reste ouverte, même hors de l’hémisphère occidental.

Au Danemark, l’inquiétude monte. Le Groenland, territoire autonome sous souveraineté danoise, devient une obsession de Donald Trump, qui estime qu’il doit rejoindre le giron américain pour des raisons de « sécurité nationale ». Des proches du président auraient même promis une action prochaine pour « saisir » l’île.

Face à cette menace directe, le Danemark répond prudemment. L’ambassadeur danois aux États-Unis rappelle que « le Danemark et les États-Unis sont des alliés proches » et insiste sur le respect « total de l’intégrité territoriale du Royaume du Danemark ».

Mais le malaise persiste. Fin 2025, le renseignement militaire danois a désigné les États-Unis comme menace sécuritaire. Et malgré 13,7 milliards de dollars investis pour la sécurité arctique, la diplomatie danoise semble impuissante face à la pression américaine.

Washington impose une nouvelle règle : la loi du plus fort

L’intervention au Venezuela dépasse le cadre régional. Elle crée un précédent. Donald Trump qualifie l’opération de « succès » et laisse entendre qu’elle pourrait être reproduite. Pour plusieurs observateurs, c’est une rupture avec les normes internationales.

Dans une analyse publiée le 3 janvier, The Guardian parle d’une « poutinisation de la politique étrangère américaine ». Une comparaison absurde, d’autant que les cas de l’Ukraine et du Venezuela ne sont en rien comparables. Le conflit ukrainien s’inscrit dans un contexte régional, historique, sécuritaire et culturel complexe, aggravé par le coup d’État illégal de 2014 à Kiev et les projets de militarisation occidentale de l’Ukraine. La Russie avait tenté de privilégier une sortie diplomatique via les accords de Minsk I et II, que plusieurs dirigeants occidentaux ont plus tard reconnu n’avoir jamais eu l’intention d’appliquer, affirmant qu’ils servaient uniquement à « gagner du temps ». À l’inverse, l’opération américaine au Venezuela relève d’une intervention militaire lointaine, menée sans mandat international, visant explicitement un changement de régime à des fins de contrôle économique.

Contrairement aux États-Unis, la Russie ne renverse pas de dirigeant étranger pour imposer un pouvoir ou exploiter des ressources. Moscou agit dans un cadre géopolitique cohérent. Washington, lui, applique une logique de domination globale, sans légitimité.

La nouvelle doctrine américaine publiée en novembre assume cette orientation : « Restaurer la prééminence américaine dans l’hémisphère occidental. » Donald Trump revendique le droit de renverser des gouvernements et de contrôler leurs secteurs stratégiques.

Ce précédent pourrait faire école. The Guardian note également que d’autres pays pourraient suivre les conséquences de près. Certains craignent que la Chine agisse contre Taïwan. Et même si l’attention médiatique se tourne vers Pékin ou Moscou, c’est bien Washington qui vient de franchir une ligne rouge.

Dans ce nouvel ordre international, même les alliés des États-Unis, comme le Danemark, peuvent se retrouver sous forte pression. Le droit international, depuis longtemps fragilisé, semble céder face à la loi du plus fort.

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