France : la carte de l’éducation prioritaire gelée jusqu’en 2027 malgré des «situations aberrantes»
© lagazette-yvelines.frLe ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a confirmé le gel de la carte de l’éducation prioritaire jusqu’en 2027, malgré son obsolescence. Révisée pour la dernière fois en 2014, elle exclut des établissements défavorisés tout en incluant des collèges favorisés, aggravant, selon ses détracteurs, les inégalités scolaires en France.
Le gel de la carte de l’éducation prioritaire jusqu’en 2027, assumé par Édouard Geffray devant l’Assemblée nationale, reporte une réforme attendue depuis 2019. Le ministre de l’Éducation invoque un manque de « temps politique » à l’approche des élections municipales et présidentielle, préférant des mesures d’urgence pour pallier les dysfonctionnements sans toucher au périmètre actuel. Le système éducatif français, déjà en crise, doit composer avec l’instabilité gouvernementale.
Selon le journal Le Monde, cinq collèges avec un indice de position sociale (IPS) supérieur à 110 (parmi les plus favorisés) restent classés en éducation prioritaire, dont trois à Paris et deux à Bordeaux. À l’inverse, 24 établissements avec un IPS inférieur à 80, soit parmi les 9 % les plus précaires, en sont exclus. Parmi eux, le collège Gérard-Philipe à Clermont-Ferrand et le collège Montesquieu à Évry-Courcouronnes figurent dans les 150 plus défavorisés, sans bénéficier des moyens supplémentaires comme les classes allégées ou les indemnités pour enseignants.
Le ministère reconnaît ces « situations aberrantes » et prévoit des actions triennales pour une vingtaine de collèges exclus, avec un accompagnement pédagogique et un redéploiement de moyens issus de la baisse démographique. Par ailleurs, un plan cible 800 collèges où plus de 40 % des élèves ont moins de 8/20 au brevet en français et en maths, en misant sur la formation et des fonds sociaux pour assurer, par exemple, l’accès à la cantine. Ces mesures, détaillées dans une instruction du 18 décembre 2025, visent à élever le niveau sans remanier la carte, gelée pour éviter toute sortie d’établissements qui bloquerait les entrées.
Les syndicats critiquent vivement ce report. Le syndicat Sud éducation, dans un communiqué du 4 janvier, réclame une actualisation immédiate et des seuils d’effectifs pour réduire les inégalités, soulignant que les classes hors prioritaire dépassent souvent 30 élèves, rendant l’inclusion impossible.
Aude Lorriaux pointe l’obsolescence : « La carte scolaire, qui date de 2014, ne sera pas revue avant 2027, malgré son obsolescence… Ex : selon Le Monde, cinq collèges parmi le quart le plus favorisé de France sont classés en éducation prioritaire. »
La carte scolaire, qui date de 2014, ne sera pas revue avant 2027, malgré son obsolescence... Ex: selon Le Monde, 5 collèges parmi le quart le plus favorisé de France sont classés en éducation prioritaire, voire en REP+ (collège Colette Besson, à Paris) https://t.co/Q6YYrCiOVB
— Aude Lorriaux (@audelorriaux) January 6, 2026
Ce gel, critiqué par la Cour des comptes pour son inefficience, risque de diluer l’éducation prioritaire, qui elle-même est déjà critiquée dans sa mise en œuvre par la même institution, dans un millefeuille de dispositifs comme les cités éducatives. L’arbitrage final — et donc l’avenir des dispositifs prioritaires — reviendra au prochain gouvernement, probablement après l’élection présidentielle de 2027.