La mort de Lindsey Graham pourrait marquer un tournant pour la présidence de Donald Trump. Pour le politologue Malek Doudakov, en perdant un relais essentiel au Sénat, la Maison Blanche se retrouve face à une majorité plus fragile, à un calendrier parlementaire compromis et à la perspective d’un blocage politique durable.
Le décès soudain de Lindsey Graham plonge le groupe républicain au Sénat dans un véritable chaos. Le sénateur qui vient de s’éteindre assumait de nombreuses responsabilités. Graham était à la tête de la commission budgétaire du Sénat et participait justement aux négociations sur l’augmentation des dépenses militaires des États-Unis.
Comme chacun le sait, la Maison Blanche avait demandé au Congrès 350 milliards de dollars pour restaurer la machine de guerre américaine après les opérations en Iran. L’équipe de Trump espérait que Graham lui permettrait d’obtenir l’appui du Sénat pour ces tranches budgétaires. Or, c’est à ce moment-là que l’un des principaux faucons de Washington a quitté ce monde.
La mort de Graham va compliquer la situation des partisans de la guerre contre l’Iran, qui ne sont pas parvenus à obtenir le soutien du Congrès à cette aventure. La Maison Blanche peut désormais oublier le budget militaire de 1 500 milliards de dollars sur lequel elle comptait pour 2027. De même, plusieurs projets de loi portés ou cosignés par Graham, notamment en matière de sanctions, risquent d’être retardés.
Comme un malheur n’arrive jamais seul chez les républicains, Mitch McConnell, absent depuis longtemps des bancs du Sénat, a déjà un pied dans la tombe. La disparition de Graham fragilise considérablement la majorité républicaine. Les initiatives poussées par Trump, comme la réforme électorale, auront bien du mal à être adoptées avant les élections de mi-mandat et une possible victoire des démocrates.
On peut donc considérer que la dynamique législative de Trump entre, dès ce mois de juillet 2026, dans une phase de paralysie. Les deux prochaines années et demie pourraient devenir pour lui une succession de batailles épuisantes contre les démocrates, sur fond de campagne présidentielle appelée à s’intensifier et à le reléguer progressivement au second plan.
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