Liban : les fonctionnaires annoncent une grève générale le 9 octobre
© Unsplash / AHMAD BADERLa Ligue des fonctionnaires de l’administration publique au Liban a annoncé une grève générale pour le 9 octobre, présentée comme un «dernier avertissement» après plusieurs années de revendications. Le mouvement doit concerner l’ensemble des administrations, sur fond de dégradation du pouvoir d’achat et de hausse des coûts de transport.
La Ligue des fonctionnaires de l’administration publique au Liban a appelé à cesser le travail le 9 octobre, dénonçant l’absence de réponses à ses demandes salariales.
Dans un communiqué publié le 8 octobre, le syndicat indique avoir épuisé les moyens de dialogue et présente cette mobilisation comme un « dernier avertissement » après plusieurs années de « négligence » et de promesses restées sans suite.
« Le temps de l’attente est terminé », affirme la Ligue, qui assure ne pas réclamer une faveur mais défendre, selon ses termes, « le droit de vivre dans la dignité ».
Au cœur des revendications figurent les conséquences de la forte hausse du coût de la vie sur les fonctionnaires. La Ligue souligne notamment le poids des dépenses de transport, précisant que certains agents doivent désormais financer une partie de leurs déplacements professionnels avec leur propre salaire.
« Comment demander au fonctionnaire de venir travailler alors qu’il paie de sa poche le coût de son trajet ? » s’interroge l’organisation, qui estime que le salaire est en partie absorbé par les frais de déplacement. Elle dénonce aussi la hausse du prix des carburants et des transports, ainsi que l’insuffisance des indemnités de déplacement, qui ne couvriraient pas les dépenses réelles.
Trois revendications principales
La Ligue réclame en premier lieu l’adoption « immédiate » d’une nouvelle grille des salaires et des traitements, ainsi que des rémunérations permettant aux fonctionnaires et à leurs familles de faire face à la cherté de la vie.
Elle demande également une indemnité de transport jugée « réelle et équitable », correspondant au coût effectif des déplacements quotidiens.
L’organisation syndicale critique par ailleurs les mesures de soutien au carburant accordées au secteur privé, alors que, selon elle, les fonctionnaires sont confrontés aux mêmes hausses des prix.
Elle qualifie cette situation de « discrimination flagrante » et déclare refuser de rester « le maillon le plus faible » face à la dégradation des conditions économiques.
La Ligue prévient enfin que le mouvement ne se limitera pas à la journée du 9 octobre. Elle ajoute que la mobilisation se poursuivra et que de nouvelles actions pourront être décidées jusqu’à l’obtention de « solutions justes et réelles ».
« Notre dignité n’est pas négociable et nos droits ne sont la faveur de personne », conclut la Ligue dans son communiqué.