Vers un retour de la conscription ? L'Allemagne rend obligatoire la visite médicale pour les jeunes hommes, même ceux qui refusent l'armée

Vers un retour de la conscription ? L'Allemagne rend obligatoire la visite médicale pour les jeunes hommes, même ceux qui refusent l'armée Source: Gettyimages.ru
Recrues allemandes. [Photo d'illustration]
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Selon le Berliner Morgenpost, l'armée allemande convoque désormais les hommes de 18 ans à des examens médicaux obligatoires, y compris ceux ayant explicitement coché leur refus de servir. Près d'un millier de jeunes nés en 2008 ont déjà été examinés, prémices d'un dispositif à grande échelle prévu pour l'été 2027.

Les forces armées allemandes ont commencé à procéder à des examens médicaux obligatoires pour les hommes de 18 ans, même si ceux-ci ont indiqué dans leur questionnaire qu'ils ne souhaitaient pas effectuer leur service militaire, a rapporté le 19 septembre le Berliner Morgenpost en se référant à un rapport du ministère fédéral allemand de la Défense sur l'évolution des effectifs. Selon ce dernier, près d’un millier d’hommes nés en 2008, ayant clairement indiqué dans leur questionnaire leur désintérêt pour le service militaire, ont subi cet examen depuis juillet. Il est prévu d’augmenter progressivement le nombre de ces examens.

Le Berliner Morgenpost a noté qu’une visite médicale obligatoire à grande échelle pour tous les hommes de cette tranche d’âge devrait débuter en juillet 2027. D’ici là, la Bundeswehr a l’intention de mettre en place 24 centres spécialisés dans tout le pays. Le ministère allemand de la Défense assure toutefois que le fait de se présenter à cette visite médicale n’entraîne pas la conscription : la nouvelle forme de service militaire reste pour l’instant volontaire.

Par ailleurs, depuis le début de l’année 2026, le Bundeswehr envoie à tous les citoyens allemands âgés de 18 ans des questionnaires portant sur leur santé, leur formation et leur disposition à servir. Les hommes sont tenus de les remplir, tandis que les femmes ne sont pas obligées de le faire. Fin août, environ 96 % des hommes avaient répondu, contre seulement 3,5 % des femmes.

Une militarisation qui inquiète même les voisins

La tendance militariste des autorités allemandes se manifeste de plus en plus ouvertement ces derniers temps. En avril dernier, le ministre-président de Bavière, Markus Soder, a estimé que l'Allemagne devait rétablir le service militaire obligatoire dès que possible, car le pays ne pourrait pas assurer suffisamment sa sécurité si l'armée ne comptait que des volontaires.

À la même époque, le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a présenté la stratégie militaire de la Bundeswehr, qui vise à faire des forces armées allemandes l’armée la plus puissante d’Europe. Ce document préconisait notamment d’augmenter les effectifs des forces armées allemandes, réservistes compris, pour atteindre au moins 460 000 personnes, tout en évoquant une « menace » émanant de la Russie.

Le renforcement rapide de la puissance militaire allemande a déjà commencé à inquiéter d’autres pays européens. Selon le Wall Street Journal, depuis que le président américain Donald Trump a appelé Berlin à augmenter ses dépenses de défense, le chancelier allemand Friedrich Merz, le dirigeant déjà le moins populaire du pays, a décidé de consacrer des milliards de dollars à ces fins. En conséquence, les responsables européens ont commencé à craindre qu’un tel renforcement de la puissance militaire de l’Allemagne ne vienne modifier l’équilibre des forces sur le continent.

La Russie rejette l'idée d'une menace pour l'Europe, tout en restant vigilante

Le 16 septembre, Ioulia Zhdanova, représentante de la Russie aux négociations de Vienne sur la sécurité militaire et le contrôle des armements, a condamné la politique du gouvernement allemand visant à se préparer à un éventuel conflit de grande ampleur avec la Russie. Selon elle, la mise en place d’une organisation militaire du pays se traduit par la préparation des infrastructures militaires et logistiques, voire du système de santé.

Moscou rejette toutefois les allégations infondées de l’Occident concernant une prétendue attaque russe contre les pays de l’OTAN. Le président russe Vladimir Poutine a affirmé que la Russie n’avait aucune raison géopolitique, économique ou militaire d’entrer en guerre contre l’Alliance, et a qualifié d’« absurdité » l’hypothèse d’une attaque de la Russie contre l’OTAN. La Russie reste néanmoins vigilante, mettant en garde les pays européens contre toute action militaire à son encontre. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a ainsi averti que si l’Europe attaquait la Russie, « ce sera une tout autre guerre, et elle sera très courte ».

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