Washington accélère les expulsions de migrants vers des pays tiers africains
© Getty ImagesLes États-Unis ont expulsé plus de 100 migrants en dix jours vers huit pays africains dont ils n’étaient pas ressortissants. Washington multiplie les accords avec des «pays tiers» pour accueillir des personnes qui ne peuvent ou ne doivent pas être renvoyées dans leur État d’origine.
L’administration Trump a intensifié sa politique d’expulsions vers des pays tiers, notamment en Afrique. Selon des documents internes du gouvernement américain obtenus par CBS News, plus de 100 migrants ont été envoyés en dix jours vers huit pays africains, alors qu’aucun n’en était ressortissant.
Trois vols de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) ont ainsi acheminé des hommes et des femmes vers le Burundi, le Cameroun, la République centrafricaine, la Guinée équatoriale, l’Eswatini, le Liberia, le Rwanda et la Sierra Leone. Les personnes expulsées étaient notamment originaires d’Afghanistan, de Cuba, du Nicaragua, d’Iran, du Népal, de Turquie et du Venezuela.
Des renvois dans des pays tiers
Cette pratique repose sur des accords dits de « pays tiers ». Plus de 30 États dans le monde auraient accepté de recevoir des migrants expulsés des États-Unis sans qu’ils soient leurs ressortissants. Plusieurs gouvernements africains ont conclu ces derniers mois des arrangements avec Washington, souvent entourés d’une forte confidentialité.
Les profils des personnes concernées sont très différents. Certaines ont été condamnées pour des crimes aux États-Unis, tandis que d’autres n’ont aucun antécédent pénal en dehors d’infractions liées à l’immigration. CBS cite notamment le cas d’un Afghan de 24 ans envoyé en République centrafricaine alors qu’un juge américain lui avait accordé une protection contre un retour en Afghanistan en raison des risques de persécution.
Le département américain de la Sécurité intérieure (DHS) affirme que lorsqu'un migrant refuse ou ne peut être renvoyé dans son pays d'origine, les autorités doivent lui trouver un autre État jugé « sûr ». Cette stratégie permet à Washington d’accélérer les expulsions, mais suscite de fortes critiques sur les garanties juridiques et la sécurité des migrants transférés dans des pays avec lesquels ils n’ont parfois aucun lien.