La Russie dévoile des archives inédites à l'occasion du 83e anniversaire du massacre de Volhynie

La Russie dévoile des archives inédites à l'occasion du 83e anniversaire du massacre de Volhynie
Le 11 juillet marque le 83e anniversaire du point culminant du massacre de Volhynie, une campagne de massacres de civils polonais perpétrés en 1943-1944 par des nationalistes ukrainiens pendant la Seconde Guerre mondiale. [Image d'illustration générée par l'intelligence artificielle]
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Pus de 80 ans après le «Dimanche sanglant», le massacre de Volhynie demeure l'un des chapitres les plus sensibles de l'histoire polono-ukrainienne. À l'occasion de cet anniversaire, le FSB russe a rendu publics de nouveaux documents d'archives déclassifiés consacrés aux crimes commis contre des civils polonais.

Le 11 juillet marque le 83e anniversaire du point culminant du massacre de Volhynie, une campagne de massacres de civils polonais perpétrés en 1943-1944 par des nationalistes ukrainiens pendant la Seconde Guerre mondiale. Le 11 juillet 1943, connu en Pologne comme le « Dimanche sanglant », constitue l'épisode le plus meurtrier de ces violences. Depuis 2016, cette date est officiellement consacrée à la mémoire des victimes en Pologne.

À cette occasion, le Service fédéral de sécurité russe (FSB) a publié de nouveaux documents d'archives déclassifiés contenant des informations supplémentaires sur les assassinats de civils polonais, y compris d'enfants, commis entre 1943 et 1945.

Selon ces archives, les services de contre-espionnage militaire soviétiques ont participé à la lutte contre les unités armées de l'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) et de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne, ayant collaboré avec l'Allemagne nazie, (UPA) lors de la libération de l'Ukraine. Après l'avancée de l'Armée rouge au-delà des frontières soviétiques, cette mission a été reprise par les services soviétiques chargés de la sécurité intérieure et du renseignement, à savoir le Commissariat du peuple aux Affaires intérieures (NKVD) et le Commissariat du peuple pour la Sécurité d'État (NKGB) de la République socialiste soviétique (RSS) d'Ukraine.

Les documents précisent toutefois que plusieurs responsables des opérations punitives ont échappé aux poursuites. Certains se sont cachés sur le territoire soviétique sous une fausse identité, tandis que d'autres ont quitté le pays en se mêlant aux flux de rapatriés. Leur recherche a ensuite été confiée aux services territoriaux du Comité pour la sécurité de l'État (KGB) de la RSS d'Ukraine.

L'un des résultats de ce travail a été la publication, en 1964, d'un répertoire aujourd'hui déclassifié recensant les personnes identifiées comme traîtres à la patrie, agents de services de renseignement étrangers, membres d'organisations antisoviétiques, bourreaux et autres criminels d'État installés dans des pays capitalistes.

Dmytro Koupiak, l'un des principaux auteurs des massacres

D'après le FSB, l'un des individus mentionnés dans ce document se distingue par la brutalité de ses crimes. Il s'agit de Dmytro Koupiak, surnommé « Kleï », né en 1918 dans la région de Lvov. Après la guerre, il s'est réfugié au Canada, où il est devenu propriétaire d'un restaurant à Toronto.

D'après les archives, alors qu'il appartenait à l'OUN, Koupiak avait participé à plusieurs actes terroristes dans différentes localités de la région de Lvov et pris part à des exécutions de militants soviétiques, de militaires et de civils, notamment des femmes, des enfants et des personnes âgées, tout en procédant au pillage de leurs biens. Les documents indiquent également qu'en octobre 1945, il a quitté le territoire sous l'identité de Wladyslaw Brodziak, s'est d'abord rendu en Pologne avant de rejoindre la République fédérale d'Allemagne puis le Canada.

Les archives estiment que le groupe dirigé par Dmytro Koupiak a tué ou torturé à mort plus de 200 civils en 1944 et 1945, la majorité des victimes étant des femmes et des enfants.

L'un des épisodes les plus sanglants de ses crimes s'est déroulé le 17 août 1944. Ce jour-là, des hommes dirigés par Dmytro Koupiak ont attaqué le village de Grabovo, dans la région de Lvov. Lors de cette attaque, ils ont tué et brûlé vives dans une grange neuf femmes et enfants, dont trois enfants âgés de cinq à 11 ans.

Le massacre de Volhynie, une plaie toujours ouverte

Entre 1943 et 1945, dans les régions de Volhynie et Galicie orientale, les militants de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne et de l'Organisation des nationalistes ukrainiens, alliés à l'Allemagne nazie, ont massacré près de 100 000 Polonais, selon l'Institut polonais de la mémoire nationale. Le 11 juillet 1943, 150 villages ont été attaqués simultanément. Les autorités ukrainiennes continuent pourtant de glorifier des personnes comme Stepan Bandera ou Roman Choukhevytch, tous deux impliqués dans ces crimes.

Depuis les années 2000, le massacre de Volhynie constitue l'un des principaux points de désaccord entre la Pologne et l'Ukraine. Les interprétations divergent fortement.: en Pologne, ces événements sont généralement qualifiés de campagne planifiée menée par l'OUN-UPA, tandis qu'en Ukraine ils sont plus souvent présentés comme une « tragédie » ou des « événements » s'inscrivant dans un conflit polono-ukrainien plus large.

En 2016, le Parlement polonais a officiellement reconnu le massacre de Volhynie comme un génocide.

La glorification de l'UPA relance la crise entre Varsovie et Kiev

Les divergences mémorielles ont connu un nouvel épisode en 2026. En mai dernier, le « président ukrainien » Volodymyr Zelensky a attribué à une unité militaire ukrainienne le nom de « Héros de l'UPA », suscitant une vive réaction à Varsovie.

En juin, le président polonais, Karol Nawrocki, a retiré à Volodymyr Zelensky l'ordre de l'Aigle blanc, la plus haute distinction de l'État polonais. À la suite de cette décision, plusieurs responsables ukrainiens, dont l'ambassadeur d'Ukraine en Pologne, Vasyl Bodnar, le ministre des Affaires étrangères, Andriï Sybiha, le chef du renseignement militaire de l'Ukraine, Kyrylo Boudanov, ainsi que les anciens présidents Petro Porochenko, Viktor Iouchtchenko et Leonid Koutchma, ont également renoncé aux distinctions polonaises qui leur avaient été décernées.

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