La Turquie aurait revendu ses systèmes S-400 à un pays du Golfe

La Turquie aurait revendu ses systèmes S-400 à un pays du Golfe
Les systèmes de défense aérienne S-400. [Image d'illustration générée par l'intelligence artificielle]
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Les S-400 russes détenus par la Turquie seraient sur le point de changer de propriétaire. D'après la presse locale, les systèmes anti-missile auraient été revendus à un pays du Golfe, une opération qui pourrait permettre à Ankara de se rapprocher de Washington et de retrouver sa place dans le programme des chasseurs F-35.

Les systèmes de défense aérienne S-400 acquis par la Turquie auprès de la Russie auraient été revendus à un pays du Golfe, affirme le quotidien turc Hürriyet.

Selon le journaliste Abdulkadir Selvi, l'annonce officielle de cette transaction devrait intervenir ce 10 juillet. D'après ces informations, plusieurs difficultés techniques ou administratives ont été réglées dans la nuit précédant l'annonce. Les sources citées divergent toutefois sur l'identité de l'acheteur : certaines évoquent les Émirats arabes unis, tandis que d'autres affirment qu'il s'agit du Qatar. Les deux pays chercheraient à renforcer leur défense antiaérienne dans un contexte de fortes tensions régionales liées à la guerre américano-israélienne contre l'Iran. Les autorités turques n'ont, pour l'heure, fait aucune déclaration officielle.

Toujours selon Hürriyet, cette revente permettrait à la Turquie de se débarrasser d'un point de friction majeur avec les États-Unis. Ankara pourrait ainsi espérer la levée des sanctions imposées au titre de la loi américaine CAATSA, ainsi qu'un retour dans le programme des avions de combat F-35.

Adoptée en 2017, la loi CAATSA prévoit des sanctions contre les pays que Washington considère comme des adversaires, notamment la Russie, l'Iran et la Corée du Nord. Les États-Unis estiment que les systèmes S-400 ne doivent ni être déployés sur le territoire turc ni intégrés aux forces armées du pays. Plusieurs solutions avaient été envisagées, comme un stockage sous contrôle américain, le démantèlement des lanceurs ou la mise hors service des systèmes. Washington avait finalement jugé que ces options ne répondaient pas aux exigences de sa législation.

Fin juin, Euractiv avait évoqué la possibilité d'une vente des S-400 à la Corée du Sud plutôt qu'un retour des systèmes en Russie. Parallèlement, la Grèce et Israël ont exprimé leurs inquiétudes face à une éventuelle reprise des livraisons de chasseurs F-35 à la Turquie, estimant qu'une telle évolution pourrait modifier l'équilibre militaire régional.

Ankara avait signé le contrat d'achat des S-400 en 2017 pour un montant d'environ 2,5 milliards de dollars. Les premiers systèmes avaient été livrés à l'été 2019. En réaction, Washington avait exclu la Turquie du programme F-35 avant d'imposer des sanctions dans le cadre de la loi CAATSA en décembre 2020.

En 2025, le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov, a déclaré qu'un éventuel abandon des S-400 par la Turquie n'affecterait pas les relations entre Moscou et Ankara.

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