L’Union européenne divisée face à la question des sanctions visant Itamar Ben-Gvir
© Getty ImagesLa tentative de sanction contre Itamar Ben-Gvir a échoué faute d’unanimité entre les États membres de l’UE. Les divisions persistent sur la stratégie à adopter face à la politique israélienne en Cisjordanie et à Gaza. La Commission européenne est désormais invitée à étudier des mesures commerciales contre les colonies israéliennes.
Les États membres de l’Union européenne n’ont pas réussi à s’accorder sur une proposition visant à sanctionner le ministre israélien de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir, en raison de désaccords persistants entre capitales européennes, a indiqué la responsable de la diplomatie de l’UE Kaja Kallas. Malgré des discussions jugées avancées et le soutien de plusieurs États membres favorables à des restrictions économiques, aucun consensus n’a été atteint, l’unanimité étant requise pour adopter de telles mesures.
Cette absence d’accord illustre une nouvelle fois les divisions profondes au sein de l’Union européenne sur la politique à adopter vis-à-vis d’Israël, dans un contexte marqué par des tensions accrues liées à la situation à Gaza et en Cisjordanie. Certains États membres, dont l’Allemagne, l’Autriche et la République tchèque, selon plusieurs sources diplomatiques, auraient exprimé leur opposition à des sanctions individuelles visant des responsables israéliens. D’autres pays, en revanche, poussent à une approche plus ferme, notamment après des incidents impliquant des militants internationaux et des accusations de violations des droits de l'homme.
Vers des mesures commerciales contre Israël ?
Parallèlement, plusieurs États européens demandent désormais à la Commission européenne d’examiner des mesures commerciales visant les produits issus des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée. Cette piste, encore à l’étude, reflète la volonté croissante de certains gouvernements d’utiliser les leviers économiques de l’UE pour influencer la politique israélienne, même si les marges de manœuvre restent limitées par les divergences internes.
Dans ce contexte, plusieurs enquêtes judiciaires ont également été ouvertes dans certains pays européens concernant des accusations visant des responsables israéliens dans le traitement de militants arrêtés lors d’opérations maritimes en direction de Gaza. Ces initiatives nationales contrastent avec l’incapacité de l’UE à adopter une position commune au niveau institutionnel.
L’Union européenne demeure néanmoins le premier partenaire commercial d’Israël, ce qui confère à ces débats une dimension économique et politique majeure dans les relations entre Bruxelles et Tel Aviv.