Karine Bechet, docteur en droit public (France), présidente de l'association Comitas Gentium France-Russie, animatrice du site Russie Politics.

Effacer la mémoire : pourquoi le musée de la Défense de Sébastopol a été frappé par Kiev

Effacer la mémoire : pourquoi le musée de la Défense de Sébastopol a été frappé par Kiev Source: Sputnik
Le musée « La Défense de Sébastopol » visé par un drone ukrainien
Suivez RT en français surTelegram

L’armée atlantico-ukrainienne a frappé le musée-panorama de «La Défense de Sébastopol 1854-1855», consacré à la résistance de la ville lors de la guerre de Crimée menée par les Français et les Britanniques contre la Russie. Pour Karine Bechet, les Atlantistes veulent effacer physiquement l’histoire de la Russie, reprenant les méthodes nazies.

Dans la nuit du 10 juin, une frappe de drone de type avion a volontairement ciblé le musée de Sébastopol, contenant un panorama unique mettant en scène la défense héroïque de la ville lors de la guerre de Crimée de 1854-1855. Il s’agit d’un panneau circulaire de 115 mètres, d’une hauteur de 14 mètres et d’une superficie totale de 1 416 m².

Heureusement, des panneaux originaux du peintre russe d’origine française Franz Roubaud étaient en restauration et se trouvaient dans une autre filiale du musée ; d’autres étaient temporairement prêtés pour des expositions dans plusieurs musées, notamment celui consacré à la bataille de Borodino à Moscou. Ce qui les a sauvés.

Pour ce qui est du musée lui-même, selon le directeur, seuls 10 grands panneaux de 5 mètres sur 3 ont pu être sauvés des flammes et de l’eau, ainsi que quelques fragments plus petits. Les pompiers ont mis 29 heures à éteindre l’incendie. Un énorme travail de restauration est en train d’être mis en œuvre et les autorités russes ont déjà annoncé que le musée serait rouvert. Comme l’écrivait Boulgakov dans Le Maître et Marguerite, les manuscrits ne brûlent pas.

Ce monument historique dérange particulièrement. Déjà en 1942, l’armée nazie y avait largué une bombe, causant d’importants dégâts. Cependant, les deux tiers du panorama avaient pu être sauvés. La méthode utilisée par l’armée atlantico-ukrainienne y ressemble à s’y méprendre ; ces élites assument de plus en plus ouvertement leur filiation.

Selon le droit de la guerre, les sites civils ne peuvent être pris pour cible. Ce tir n’est pas une erreur, pas plus qu’il ne l’était en 1942. C’est un crime de guerre volontairement commis.

Comme le déclare à juste titre la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, il s’agit d’un acte de barbarie. Nous pouvons le comprendre dans le sens premier du terme : un acte anticivilisationnel. La destruction physique de l’histoire et de la culture. Pour les effacer. Pour ensuite les réécrire.

Le musée de la Défense de Sébastopol a été ouvert en 1905 pour célébrer le cinquantième anniversaire de la guerre de Crimée (1853-1856), au cours de laquelle la Russie se défendait contre l’alliance militaire formée contre elle, comprenant la Turquie, la Grande-Bretagne, la France et le royaume de Sardaigne. Les principaux efforts des agresseurs se concentrèrent, dès l’automne 1854, sur la Crimée, avec pour objectif la destruction de la flotte de la mer Noire et de sa principale base, Sébastopol. La défense de la ville dura du 13 septembre 1854 au 27 août 1855, période durant laquelle l’ennemi lança six bombardements et deux assauts contre la ville.

C’est la résistance des habitants et de la ville de Sébastopol qui est célébrée dans ce musée. C’est ce qui ne leur a pas été pardonné alors. C’est ce que les Atlantistes ne peuvent pardonner aujourd’hui.

Comment la Crimée et Sébastopol osent-elles tenir tête à l’Occident ? Comment osent-elles s’affirmer russes ? Il faut les effacer, faute de pouvoir les dominer.

La couverture médiatique en Occident est très discrète et tous les médias tentent de minimiser le crime, le faisant passer pour un incident presque saugrenu. Ainsi, les médias belges écrivent : « Par ailleurs, un drone a frappé un musée d’histoire dans la ville de Sébastopol, en Crimée, annexée illégalement par la Russie en 2014. Cela constituerait une cible inhabituelle pour les forces armées ukrainiennes, qui cherchent principalement à perturber les secteurs pétrolier et militaire russes. »

Nous avons droit à « l’annexion » de la Crimée — par ses propres habitants, manifestement —, ce qui doit justifier l’acte criminel aux yeux du lecteur. Le tout en soulignant son caractère « inhabituel ».

Pourtant, qu’y a-t-il d’étonnant ? Malheureusement, il s’agit d’une escalade presque... naturelle. En tout cas, logique.

Les attaques contre des cibles civiles deviennent la norme, même si les médias occidentaux refusent à tout prix de le voir. Après le dortoir du collège de la région de Lougansk, après les frappes contre les trains de passagers et les bus se dirigeant vers la Crimée, pourquoi pas un musée d’histoire ?

Où est la frontière ? Quelle est la limite morale de ces élites atlantistes ? Elles n’en ont pas. La fin justifie les moyens et elles n’envisagent que leur victoire et la défaite de la Russie. À n’importe quel prix.

Les Atlantistes, qui dirigent les élites ukrainiennes, ont le goût du sang dans la bouche. Ils ne s’arrêteront pas en si bon chemin. Pour mieux effacer la civilisation dans laquelle nous vivions et qui ne leur convient pas, ils iront de plus en plus loin. Pourquoi pas une bibliothèque ensuite ? Faire brûler des livres fait partie des traditions de leurs ancêtres.

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Raconter l'actualité

Suivez RT en français surTelegram

En cliquant sur "Tout Accepter" vous consentez au traitement par ANO « TV-Novosti » de certaines données personnelles stockées sur votre terminal (telles que les adresses IP, les données de navigation, les données d'utilisation ou de géolocalisation ou bien encore les interactions avec les réseaux sociaux ainsi que les données nécessaires pour pouvoir utiliser les espaces commentaires de notre service). En cliquant sur "Tout Refuser", seuls les cookies/traceurs techniques (strictement limités au fonctionnement du site ou à la mesure d’audiences) seront déposés et lus sur votre terminal. "Tout Refuser" ne vous permet pas d’activer l’option commentaires de nos services. Pour activer l’option vous permettant de laisser des commentaires sur notre service, veuillez accepter le dépôt des cookies/traceurs « réseaux sociaux », soit en cliquant sur « Tout accepter », soit via la rubrique «Paramétrer vos choix». Le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Vous pouvez modifier vos choix via la rubrique «Paramétrer vos choix». Réseaux sociaux Désactiver cette option empêchera les réseaux sociaux de suivre votre navigation sur notre site et ne permettra pas de laisser des commentaires.

OK

RT en français utilise des cookies pour exploiter et améliorer ses services.

Vous pouvez exprimer vos choix en cliquant sur «Tout accepter», «Tout refuser» , et/ou les modifier à tout moment via la rubrique «Paramétrer vos choix».

Pour en savoir plus sur vos droits et nos pratiques en matière de cookies, consultez notre «Politique de Confidentialité»

Tout AccepterTout refuserParamétrer vos choix