«Néonazisme en action» : L’Ukraine retire le russe de la liste des langues protégées

«Néonazisme en action» : L’Ukraine retire le russe de la liste des langues protégées Source: Gettyimages.ru
Paysage urbain de Kiev avec le drapeau ukrainien flottant en été. (Photo d'illustration).
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Volodymyr Zelensky a signé une loi retirant le russe de la liste des langues protégées par la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Présentée par Kiev comme une défense de l’espace linguistique ukrainien, cette mesure est dénoncée par Moscou comme une nouvelle étape dans la mise à l’écart des russophones en Ukraine.

L’Ukraine a officiellement retiré le russe des langues bénéficiant d’une protection dans le cadre de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Le texte a été signé le 12 juin par Volodymyr Zelensky, après son adoption par la Verkhovna Rada en décembre 2025.

Le président du Parlement ukrainien, Rouslan Stefantchouk, a justifié cette mesure, affirmant qu’elle devait permettre de « protéger l’espace linguistique ukrainien » et de répondre à ce que Kiev décrit comme ses engagements européens. Selon lui, le russe ne doit plus bénéficier des mécanismes prévus pour les langues régionales ou minoritaires.

Concrètement, la loi modifie la liste des langues auxquelles l’Ukraine applique les dispositions de la Charte. Le russe en est désormais exclu, tandis que d’autres langues restent protégées. Le moldave disparaît également de cette liste, tandis que le roumain y reste. Plusieurs autres langues ont aussi été ajoutées ou mises à jour.

Les arguments avancés par Kiev

La Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, adoptée en 1992 par le Conseil de l’Europe, vise à préserver les langues historiquement utilisées par certaines communautés et considérées comme nécessitant un soutien particulier. Chaque État détermine lui-même les langues concernées et les conditions d’application sur son territoire.

Pour justifier sa décision, Kiev invoque une révision de l’interprétation du texte européen. L’exposé des motifs affirme que la traduction ukrainienne historique de la Charte aurait été faite à partir du russe, et non directement depuis les versions originales anglaise ou française. Cette traduction aurait entraîné, selon les autorités ukrainiennes, une lecture incorrecte de la notion de « minorité ».

Les auteurs du texte soutiennent ainsi que la protection prévue par la Charte doit concerner, selon eux, les langues réellement menacées, et non celles qui restent largement utilisées dans le pays. Le document reconnaît pourtant que le russe demeure l’une des langues les plus employées en Ukraine et que son usage reste important dans plusieurs domaines de la vie quotidienne.

Une nouvelle restriction visant les russophones

Cette décision russophobe s’inscrit dans une politique linguistique qui, depuis plusieurs années, réduit progressivement les droits et la visibilité des russophones en Ukraine. Depuis 2014, l’espace accordé au russe s’est réduit, tandis que l’ukrainien a été renforcé dans les institutions, l’éducation, les médias et l’espace public.

En 2019, une loi a consacré l’ukrainien comme unique langue d’État et limité l’usage officiel du russe. Plusieurs mesures locales ont également visé, ces dernières années, les contenus culturels russophones, l’enseignement et l’usage public du russe.

À Moscou, la récente décision ukrainienne a rapidement suscité une réaction. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a qualifié le retrait du russe de la liste des langues protégées de « néonazisme en action ».

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