France : la procédure d’expulsion de Ramy Shaath ravive le débat sur la liberté d’expression
© Getty ImagesLa France examine l’expulsion de Ramy Shaath pour ses prises de position liées à Gaza et son engagement militant. La procédure soulève des critiques sur la liberté d’expression et la criminalisation de l’activisme pro-palestinien. Ses soutiens dénoncent une contradiction avec son passé de prisonnier politique soutenu par la diplomatie française.
La France est engagée dans une procédure visant à expulser le militant égypto-palestinien Ramy Shaath, figure connue du Printemps arabe et défenseur des droits de l'homme, en raison de ses prises de position publiques critiques à l’égard de la guerre à Gaza. Cette procédure suscite une vive controverse autour des libertés publiques et du droit d’expression politique.
Installé en France après avoir été détenu arbitrairement en Égypte, Ramy Shaath avait été libéré en janvier 2022 à la suite de pressions diplomatiques impliquant notamment le président français Emmanuel Macron. À l’époque, sa libération avait été saluée comme un succès diplomatique et humanitaire.
Double discours de la France
Aujourd’hui, il fait l’objet d’une procédure d’expulsion pour « menace grave à l’ordre public ». Il doit comparaître devant une commission le 21 mai, à l’issue de laquelle la préfecture de Nanterre pourrait prendre un arrêté d’expulsion immédiat. Selon son avocate, la décision pourrait être exécutée à tout moment après cet avis.
Les autorités françaises s’appuient sur ses prises de position publiques et sa participation à des manifestations réclamant un cessez-le-feu à Gaza, la fin des bombardements et des sanctions contre Israël. La préfecture évoque également ses liens avec le mouvement Boycott, Divestment and Sanctions, qui appelle au boycott d’Israël, ainsi que ses déclarations dénonçant les opérations militaires israéliennes.
Ramy Shaath affirme de son côté qu’il exerce simplement son droit d’expression politique. Il déclare avoir participé à des rassemblements appelant à « la fin du génocide à Gaza » et à une action internationale. Il estime que la France, qui avait soutenu sa libération d’Égypte, adopte aujourd’hui une position contradictoire en cherchant à le réduire au silence.
Ses avocats contestent la procédure, soulignant l’impossibilité juridique de le renvoyer vers l’Égypte, où il a perdu sa nationalité, ou vers les territoires palestiniens en raison du conflit en cours. Ils dénoncent ainsi un risque d’apatridie de fait et une décision administrative difficilement exécutable.