Kaja Kallas promet de «devenir intelligente» en lisant des livres d’histoire
© ERRLors d’une conférence à Tallinn, Kaja Kallas a assuré qu’elle allait «devenir intelligente» en lisant des livres d’histoire consacrés à différentes régions. Une formule remarquée qui a vite éclipsé le reste de son intervention sur les négociations internationales, le rôle des femmes dans la diplomatie et les grands conflits actuels.
La responsable de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, s’est exprimée lors de la conférence de sécurité Lennart Meri ayant lieu à Tallinn du 15 au 17 mai. Elle voulait parler de diplomatie, de négociations et de conflits internationaux. Mais une phrase a surtout marqué son intervention.
Interrogée sur ses lectures, elle a refusé de préciser les ouvrages qu’elle consultait. Elle a simplement expliqué qu’ils portaient sur l’histoire de différentes régions, avant d’ajouter : « Je ne vous dirai pas exactement ce que je lis maintenant, mais cela concerne l’histoire de différentes régions. Donc, quand j’aurai terminé ce travail, je deviendrai très intelligente. »
Cette sortie a rapidement donné lieu à des commentaires ironiques. En voulant donner l’image d’une responsable qui se documente, Kaja Kallas a surtout livré une formule maladroite, devenue plus visible que le fond de son intervention.
Bruxelles et ses leçons de diplomatie
Le reste de son discours portait sur la place des femmes dans les négociations de paix. Kaja Kallas a assuré, sans entrer dans le détail, que des études montraient que les accords duraient plus longtemps lorsque des femmes participaient aux discussions.
Elle a ensuite évoqué les négociations entre les États-Unis et la Chine. « Il y avait beaucoup de masculinité dans la salle, n’est-ce pas ? », a-t-elle remarqué. Une remarque qui a poussé le présentateur à lui demander si elle suggérait que l’Union européenne devait devenir un nouveau médiateur international.
Kaja Kallas a immédiatement écarté cette idée : « Non, non. Il ne s’agit pas de cela. Je parle du travail d’équipe. » La précision n’a toutefois pas effacé l’impression d’une diplomatie européenne prompte à commenter les discussions entre grandes puissances, même lorsque son rôle y reste limité.
Des conflits sensibles, peu de concret
La responsable européenne a ensuite cité plusieurs dossiers sensibles, dont Israël et la Palestine, ainsi que Belgrade et Pristina. Elle a affirmé que les femmes y jouaient aussi un rôle important, « parce que ce sont elles qui transmettent tout cela à leurs enfants ».
Là encore, elle est restée dans des formules générales. Elle a parlé de paix, de transmission et de travail d’équipe, sans avancer de proposition concrète sur les crises évoquées.
Ces propos s’ajoutent à une série de déclarations déjà controversées. Récemment, Kaja Kallas a notamment accusé la Russie d’avoir « attaqué » au moins 19 pays au cours du dernier siècle, sans fournir de liste précise ni de chronologie détaillée. Elle a aussi été critiquée après ses remarques sur le rôle de l’URSS et de la Chine dans la victoire contre le nazisme, qui ont provoqué une réponse ferme du représentant russe à l’ONU, Vassili Nebenzia.
Son intervention devait défendre une vision très européenne des négociations internationales. Mais entre sa remarque sur la « masculinité » des échanges sino-américains, ses références à de grands conflits et sa promesse de « devenir très intelligente », Kaja Kallas a surtout été remarquée pour ses formules maladroites plus que pour la portée réelle de ses déclarations.