Frappes contre Tel Aviv, pressions américaines et incertitudes sur les pourparlers : nouvelle journée sous tension au Moyen-Orient
Source: APL’Iran a lancé de nouvelles frappes contre Israël, tandis que les États-Unis entretiennent l’idée de discussions pour enrayer l’escalade, sans clarification nette à ce stade. Entre opérations militaires, signaux contradictoires de Washington et démentis iraniens, cette nouvelle journée s’ouvre dans un climat de forte tension au Moyen-Orient.
L’Iran affirme que 208 enfants ont été tués depuis le début des frappes
Le chef des services de secours iraniens, Jafar Miadfar, a affirmé ce 24 mars que les frappes menées contre l’Iran par les États-Unis et Israël avaient tué jusqu’ici 208 enfants, le plus jeune étant âgé de trois jours. Selon lui, 1 536 mineurs ont également été blessés depuis le début de la guerre, le 28 février.
L’Iran annonce l’arrestation de 30 personnes soupçonnées d’espionnage pour Israël et les États-Unis
Le ministère iranien du Renseignement a annoncé le 24 mars l’arrestation de 30 personnes dans plusieurs provinces du pays, accusées d’avoir transmis des informations sensibles aux services israéliens et américains. Selon les autorités iraniennes, ces suspects auraient notamment communiqué des coordonnées de sites militaires, de sécurité et de positions d’équipements dans les provinces de Hamadan, du Lorestan et de Kerman. Des terminaux Starlink, ainsi que des armes à feu et des armes blanches, auraient également été saisis.
Emmanuel Macron convoque un nouveau conseil de défense
Le président français réunira ce 24 mars à 17h30 un nouveau conseil de défense et de sécurité nationale consacré à la situation en Iran et au Moyen-Orient, selon des informations confirmées par l’Élysée. Cette réunion doit rassembler les ministres et responsables chargés des questions de sécurité.
Ce nouveau conseil de défense illustre le suivi rapproché du dossier par l’exécutif français, déjà réuni à plusieurs reprises ces derniers jours.
Le pétrole repart à la hausse, le Brent repasse au-dessus des 100 dollars
Les cours du pétrole rebondissent nettement ce 24 mars, au lendemain d’une chute de plus de 10 % provoquée par l’annonce de Donald Trump d’un report de nouvelles frappes contre l’Iran et par ses déclarations sur de possibles discussions avec Téhéran.
Le baril de Brent est repassé au-dessus du seuil des 100 dollars, progressant jusqu’à 102,84 dollars selon un premier point de marché, puis à 103,90 dollars vers 03h20 GMT. Le WTI américain montait au même moment à 91,53 dollars.
Ce regain de tension sur les prix reflète la nervosité persistante des marchés face aux signaux contradictoires venus de Washington et de Téhéran.
Donald Trump a évoqué des « négociations » en cours avec un responsable iranien non identifié, mais le président du Parlement iranien, Mohammad-Bagher Ghalibaf, a publiquement démenti tout échange avec les États-Unis, accusant Washington d’utiliser de « fausses informations » pour peser sur les marchés financiers et pétroliers.
L’Union européenne n’envisage pas de mission navale immédiate dans le détroit d’Ormuz
Bruxelles pourrait participer à la sécurisation du détroit d’Ormuz, mais seulement une fois les combats terminés, a indiqué Ursula von der Leyen lors de son déplacement en Australie. La présidente de la Commission européenne a aussi insisté sur les conséquences déjà visibles de la crise sur les prix de l’énergie, estimant qu’une issue négociée restait indispensable.
À ce stade, il n’est donc pas question d’un déploiement européen immédiat dans la zone. Cette position traduit la prudence des Européens face au risque d’escalade militaire, alors que la sécurité du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz reste l’un des principaux sujets d’inquiétude de la crise.
De nouvelles infrastructures gazières iraniennes visées pendant la nuit
Plusieurs installations gazières ont été visées dans la nuit en Iran, selon l’agence iranienne Fars, qui fait état d’attaques contre des stations de distribution, notamment dans la région d’Ispahan, ainsi que contre un gazoduc alimentant une centrale à Khorramshahr, près de la frontière irakienne. Aucun bilan humain n’a été communiqué à ce stade, mais des dégâts matériels sont signalés sur les sites touchés et dans des habitations voisines.
Cette séquence intervient alors que la question d’éventuelles frappes contre les infrastructures énergétiques iraniennes est au cœur du bras de fer entre Washington et Téhéran, sur fond de menaces autour du détroit d’Ormuz et de signaux diplomatiques toujours contradictoires.
Certains pays du Golfe seraient prêts à s'impliquer plus directement contre l’Iran
L’Arabie saoudite serait de plus en plus proche d’une entrée plus visible dans le conflit contre l’Iran, selon The Wall Street Journal, qui affirme que Riyad a déjà autorisé les États-Unis à utiliser une base aérienne saoudienne après des attaques iraniennes contre des sites énergétiques et contre la capitale. Le journal évoque aussi des discussions en cours aux Émirats arabes unis sur un possible durcissement de leur position, y compris sur le plan militaire et économique.
À ce stade, ces informations reposent essentiellement sur des sources citées par la presse américaine et ne valent pas annonce officielle d’une entrée en guerre saoudienne. En revanche, le durcissement de Riyad est bien visible depuis plusieurs jours: le royaume a averti qu’il se réservait le droit de répondre militairement à l’Iran et a expulsé plusieurs membres de la mission iranienne. Plus largement, les monarchies du Golfe apparaissent de plus en plus exposées à une régionalisation du conflit.
Tel Aviv visée par un nouveau raid aérien, six blessés légers
Tel Aviv a été visée ce 24 mars matin par une nouvelle attaque iranienne, avec plusieurs explosions signalées après une alerte aux missiles. Selon les secours israéliens, six personnes ont été légèrement blessées sur quatre sites distincts. Un immeuble résidentiel de quatre étages a été endommagé, tandis qu’une explosion a provoqué un incendie et embrasé plusieurs véhicules.
La police israélienne a indiqué que ses équipes, appuyées par des démineurs, étaient déployées sur plusieurs points d’impact.
Source: AP