Municipales : la gauche conserve Paris, Lyon et Marseille
© Compte X @egregoireMalgré l’union inédite de la droite et du centre à Paris, le duel serré à Lyon et la poussée du Rassemblement national à Marseille, la gauche conserve les trois plus grandes villes de France lors du second tour des municipales de 2026. Emmanuel Grégoire, Grégory Doucet et Benoît Payan l’emportent.
Les résultats des élections municipales françaises dans les trois plus grandes villes du pays confirment la capacité de la gauche à mobiliser un électorat urbain. Dans des situations très diverses, les grandes agglomérations n’ont pas échappés à la gauche, avec même, dans le cas de Lyon, une alliance avec La France insoumise.
Paris : très large victoire des socialistes sortant
À Paris, Emmanuel Grégoire (union de la gauche hors LFI) remporte l’Hôtel de Ville avec 50,52 % des voix contre 41,5 % pour Rachida Dati (Les Républicains) et 8 % pour Sophia Chikirou (LFI). « Paris a décidé de rester fidèle à son histoire », a déclaré le nouveau maire, oubliant par ailleurs qu’avant 2001, la capitale avait été à droite pendant un quart de siècle. Il a par ailleurs salué « un Paris vivant, progressiste, populaire ».
Merci ! pic.twitter.com/tuSZgYv3CJ
— Emmanuel Grégoire (@egregoire) March 22, 2026
Malgré l’union sans précédent de la droite et du centre ainsi que le retrait de Sarah Knafo, malgré le maintien de LFI et les embûches internes, le socialiste, ancien adjoint, offre à la gauche sa plus belle victoire parisienne depuis Bertrand Delanoë en 2001. Rachida Dati, défaite de neuf points, est donc largement désavouée et devra se cantonner, une fois de plus, à un rôle d’opposition.
Lyon : Aulas perd dans les arrêts de jeu
Grégory Doucet (EELV) est réélu avec 50,67 % contre 49,33 % pour Jean-Michel Aulas, soit 2 762 voix d’écart. Le maire écologiste sortant a confirmé sa remontée après un début de campagne très favorable à son concurrent Jean-Michel Aulas qui était, à trois mois du scrutin, l’ultra-favori. « Les Lyonnais ont choisi de maintenir une trajectoire républicaine, généreuse et universelle », a-t-il déclaré. Jean-Michel Aulas a immédiatement annoncé un recours pour « irrégularités ».
L’ancien haut-fonctionnaire Jean-Yves Le Gallou a commenté ces accusations, les disant crédibles expliquant notamment que le maire réélu avait « insisté sur le personnel de mairie et de préfecture qui a tenu les bureaux de vote ».
#Lyon : décryptage #Aulas conteste le résultat et évoque des fraudes.
— Jean-Yves Le Gallou (@jylgallou) March 22, 2026
Elles sont évidemment probables avec un maire sortant qui a utilisé la Jeune garde comme auxiliaire à la mairie et est allié avec #LFI . A noter aussi que Doucet a dans ses remerciements beaucoup insisté sur…
L’accord technique avec LFI permet à sept ou neuf élus insoumis d’entrer au conseil sans participation à l’exécutif. À la métropole, en revanche, la droite l’emporte largement.
Marseille : victoire nette pour la gauche, le RN progresse, la droite et le centre s’effondrent
Benoît Payan (divers gauche, ex-PS) s’impose avec 54,34 % face à 40,3 % pour Franck Allisio (RN) et 5,36 % pour Martine Vassal (droite). « Marseille a montré son plus beau visage : elle est capable de résister », a lancé le maire réélu, les yeux humides. Il a bénéficié du report des voix LFI (qui s’étaient désistées) et du barrage républicain contre le RN.
Le Rassemblement national, malgré un score « historique », reste dans l’opposition et se dit déterminé à y tenir sa place
Dès demain, nous incarnerons l'opposition à M. Payan et la gauche.
— Franck Allisio (@franckallisio) March 22, 2026
Nous représenterons avec fidélité et détermination tous les Marseillais qui nous ont fait confiance.
Ils pourront toujours compter sur moi pour être à leur service. pic.twitter.com/gDcomEsAZz
Quant à la candidate LR Martine Vassal, qui avait renoncé à toute alliance avec le RN, elle s’effondre et renonce à la présidence de la métropole, où elle avait succédé à Jean-Claude Gaudin en 2018.