Israël tente de saboter la deuxième phase du cessez-le-feu à Gaza
© Getty ImagesLa deuxième phase du cessez-le-feu à Gaza peine à se concrétiser, sur fond de tensions croissantes et de méfiance mutuelle. Israël envisage une nouvelle offensive pour désarmer le Hamas. À l’approche d’élections et sous l’œil de Washington, Netanyahou doit arbitrer entre pression sécuritaire et contraintes diplomatiques.
Relégué au second plan médiatique, le dossier gazaoui demeure explosif. En déplacement à Washington le 11 février, Benjamin Netanyahou devait évoquer prioritairement l’Iran avec Donald Trump. Mais en arrière-plan, c’est bien l’avenir de Gaza et le passage à la deuxième phase du cessez-le-feu d’octobre qui cristallisent les tensions.
Selon plusieurs médias israéliens, le Premier ministre aurait confié que le plan pour l’enclave « n’avançait pas », tandis que l’armée prépare des scénarios pour une reprise des opérations visant à désarmer le Hamas par la force.
Vers une seconde offensive israélienne ?
Sur le terrain, la trêve s’effrite. L’armée israélienne a élargi la zone placée sous son contrôle et multiplié les frappes dans des secteurs censés être stabilisés. Des observateurs indépendants notent une hausse significative des victimes palestiniennes depuis le début de l’année. Israël affirme répondre à des violations du cessez-le-feu et à la présence de combattants du Hamas, mais près de 600 Palestiniens auraient été tués depuis octobre.
Le mécanisme international chargé de superviser l’accord peine, lui aussi, à s’imposer : le comité palestinien désigné pour administrer temporairement Gaza n’a pas été pleinement autorisé à opérer, et les contours d’une Force de stabilisation internationale restent flous, malgré la disponibilité affichée de certains États pour y contribuer.
La deuxième phase prévoit pourtant des mesures lourdes : désarmement du Hamas, retrait progressif israélien vers un périmètre sécuritaire et déploiement d’une force internationale sous supervision d’un Conseil de la paix soutenu par Washington. Or, le mouvement islamiste refuse de déposer les armes et aurait commencé à reconstituer ses capacités. Côté israélien, plusieurs responsables jugent qu’aucun désarmement ne sera possible sans une opération militaire plus large que les précédentes campagnes.
Mais une telle option comporte un risque politique. À l’approche d’élections législatives, Netanyahou doit préserver son image sécuritaire sans entraîner le pays dans une guerre interminable. Surtout, une offensive majeure pourrait contrarier Donald Trump, soucieux d’afficher des avancées diplomatiques et attentif aux attentes de ses partenaires arabes. Entre calcul électoral, rivalité avec le Hamas et négociations régionales incluant l’Iran, l’équation gazaouie reste plus incertaine que jamais.