La Russie dans le viseur otanien : Moscou accusée d’envisager «l’annexion d’une partie de la Norvège»
Source: Gettyimages.ruSelon le chef d’état-major norvégien, la Russie pourrait envisager une action militaire limitée dans le nord du pays afin de protéger son arsenal nucléaire. Moscou dément catégoriquement, dénonçant une mise en scène occidentale visant à alimenter la peur d’une menace russe, alors que l’OTAN continue de renforcer sa présence militaire en Arctique.
Le général Eirik Kristoffersen, chef d’état-major des forces armées norvégiennes, a affirmé le 10 février que son pays ne pouvait exclure une action militaire russe à sa frontière nord. Selon lui, Moscou pourrait envisager une prétendue « annexion partielle » de certaines zones afin de protéger ses capacités nucléaires.
Dans un entretien accordé au Guardian, Kristoffersen a avancé que la Russie pourrait, en cas de conflit avec l’OTAN, vouloir sécuriser ses moyens de frappe basés sur la péninsule de Kola, proche du territoire norvégien. Il a évoqué un arsenal stratégique composé de sous-marins, de missiles et d’aéronefs à capacité nucléaire, ajoutant que ces équipements représentent, selon lui, « la seule chose qui menace réellement les États-Unis ».
Tout en précisant que la Russie ne cherche pas à conquérir de nouveaux territoires, le général norvégien a indiqué que les forces d’Oslo se préparaient malgré tout à ce type de scénario. Il a précisé néanmoins que les supposées précédentes violations de l’espace aérien norvégien par des appareils russes avaient été liées à des « malentendus », dus notamment à des brouillages GPS ou à l’inexpérience de certains pilotes. « Lorsque nous parlons avec les Russes, ils répondent de manière très professionnelle », a-t-il reconnu.
Dans un souci d’éviter toute escalade involontaire, Kristoffersen a proposé la création d’une ligne de communication directe entre les deux pays. Il a rappelé que des échanges sont déjà en place pour la coordination des secours en mer de Barents et que des réunions régulières ont lieu à la frontière.
Du côté russe, ces déclarations sont perçues comme infondées. Le président Vladimir Poutine a qualifié un scénario d’attaque contre un pays de l’OTAN de « mensonge » et de « propagande destinée à effrayer les populations européennes ». Moscou reste ouverte au dialogue avec l’Alliance atlantique, mais uniquement sur une base d’égalité et sans logique d’escalade imposée par l’Occident.
Moscou met en garde contre la militarisation croissante de l’Arctique
Alors que l’Arctique devient un nouvel enjeu stratégique, la Russie surveille également les projets occidentaux, notamment concernant le Groenland. Le 11 février, devant la Douma, le ministre russe des Affaires étrangères a prévenu que toute tentative de militarisation de l’île entraînerait une réponse immédiate. « Nous prendrons des contre-mesures adéquates, y compris de nature technico-militaire », a-t-il déclaré.
Sergueï Lavrov a rappelé que la Russie ne cherche pas à s’ingérer dans les affaires internes du Groenland, tout en critiquant la gestion de l’île par Copenhague, évoquant des décennies « dures » et de mise à l’écart. Il a insisté sur une ligne constante du Kremlin : « L’Arctique doit rester une zone de paix et de coopération. »
Pendant ce temps, les pays membres de l’OTAN poursuivent leurs déploiements dans le nord. Le Royaume-Uni prévoit de doubler le nombre de ses troupes en Norvège d’ici trois ans, dans le cadre de l’opération Arctic Sentry. Cette mission vise à renforcer la surveillance de l’Atlantique Nord, notamment autour des câbles sous-marins et des infrastructures critiques.
Face à cette dynamique, la Russie maintient une position ferme mais mesurée. Moscou reste ouverte au dialogue, tout en réaffirmant son droit à la sécurité. Pour le Kremlin, les déclarations alarmistes et les renforts militaires occidentaux ne font que justifier une stratégie d’encerclement, déguisée en défense.