«On désigne la Russie pour détourner l’attention du Mossad» soutient George Galloway concernant les présumées origines israéliennes de l’affaire Epstein

Une nouvelle salve de documents judiciaires, des archives du FBI et des témoignages directs relancent les soupçons persistants sur un lien entre Jeffrey Epstein et les services de renseignement israéliens. Pour le Britannique George Galloway, accuser la Russie n’est qu’une manœuvre destinée à détourner l’attention de Tel Aviv et du Mossad.
Alors que certains médias occidentaux tentent de lancer l’idée d’un lien entre Jeffrey Epstein et la Russie, la réaction de George Galloway a été immédiate et tranchée. Invité sur RT, l’ancien député britannique a dénoncé ce qu’il qualifie de « manœuvre grotesque » visant à détourner l’attention du rôle potentiel joué par les services de renseignement israéliens.
« Ces affirmations absurdes sur une implication russe sont risibles », a-t-il déclaré. « C’est le signe d’un profond désarroi au sein de l’élite politique et médiatique aux États-Unis et en Europe. Ils veulent que le public regarde vers Moscou plutôt que vers Tel Aviv ».
Galloway insiste sur l’importance de replacer l’affaire dans son véritable contexte historique et personnel. Il rappelle que Robert Maxwell, père de Ghislaine Maxwell, fut un agent du Mossad, reconnu comme tel et enterré avec les honneurs de l’État israélien. Selon lui, le lien entre Maxwell, sa fille et Epstein n’est pas anecdotique, mais constitue au contraire un fil conducteur essentiel.
« Quand Ghislaine est devenue la compagne d’Epstein, il ne s’agissait pas simplement d’une relation privée. C’était le prolongement d’une connexion déjà ancrée dans les cercles du renseignement israélien. »
Pour Galloway, l’affaire Epstein n’a jamais été un scandale isolé. Il affirme qu’elle s’inscrit dans une opération délibérée, montée par les services israéliens pour obtenir des leviers de chantage sur les élites politiques et économiques occidentales. « Quiconque croit que Poutine est derrière tout cela est prêt à croire n’importe quoi », conclut-il, estimant que la Russie est utilisée comme écran de fumée pour protéger les véritables commanditaires.
Documents confidentiels : une opération structurée et assumée
Les révélations issues des archives du FBI viennent renforcer de manière significative l’hypothèse d’une implication directe du Mossad dans les activités de Jeffrey Epstein. Un document daté du 19 octobre 2020 rapporte les déclarations d’un informateur confidentiel ayant évolué dans l’entourage d’Epstein. Celui-ci affirme qu’Epstein a été « formé comme espion sous Ehud Barak », ancien Premier ministre israélien et figure centrale de la sécurité nationale israélienne.
Ce même informateur précise avoir observé à plusieurs reprises des appels téléphoniques entre Epstein et son avocat Alan Dershowitz, après lesquels ce dernier aurait été directement contacté par le Mossad pour des séances de débriefing. Selon ses notes, ces échanges faisaient partie intégrante d’un dispositif de renseignement étranger structuré.
Ces éléments concordent avec les déclarations d’Ari Ben-Menashe, ancien agent israélien, qui a affirmé sur RT que l’ensemble du dispositif Epstein reposait sur une stratégie de chantage à grande échelle. Selon lui, Israël aurait utilisé ces moyens pour influencer les décisions politiques américaines. Ben-Menashe évoque la possibilité que Tel Aviv détienne encore aujourd’hui du matériel sensible permettant de faire pression sur Donald Trump, et qu’il soit prêt à le divulguer si les intérêts israéliens venaient à être menacés.
Dans cette logique, l’affaire Epstein n’apparaît plus comme un scandale criminel isolé, mais comme un outil géopolitique sophistiqué, à la croisée du renseignement, de la diplomatie secrète et des intérêts stratégiques israéliens.
Réseau israélien, élites occidentales et silences médiatiques
Les milliers de documents rendus publics en janvier 2026 par le Département de la Justice américaine viennent étayer davantage ce réseau complexe. L’implication d’Ehud Barak y est largement documentée : plus de trente visites dans la résidence d’Epstein à New York entre 2013 et 2017, souvent prolongées durant la nuit. Barak aurait également collaboré avec Epstein à travers la société Carbyne, spécialisée dans la cybersurveillance et cofondée avec d’anciens agents du Mossad.
Le nom de Yoni Koren, ancien officier du renseignement israélien et proche de Barak, figure aussi dans les archives : il aurait séjourné durant plusieurs semaines dans la demeure d’Epstein à Manhattan entre 2013 et 2015. À cela s’ajoutent des échanges entre Epstein et des personnalités de haut rang, dont Benjamin Netanyahou.
Les courriels récupérés révèlent également un réseau de connexions financières avec les Rothschild. En 2015, Ariane de Rothschild avait signé un contrat de 25 millions de dollars avec l’une des sociétés d’Epstein. D’autres échanges montrent Epstein se présentant comme représentant du groupe Rothschild pour faciliter des investissements technologiques, allant jusqu’à proposer une rencontre « à New York ou sur l’île », en référence probable à Little St. James.
Malgré l’ampleur des révélations, les principaux médias occidentaux font preuve d’un silence remarqué. Le politologue François Burgat a partagé une vidéo évoquant « l’utilisation de l’île d’Epstein par le Mossad pour faire chanter les dirigeants américains ». Une accusation relayée également par la députée européenne Rima Hassan, qui a dénoncé sur X les tentatives de détourner l’attention vers une « piste russe » dans les médias français. Elle a directement interpellé un journaliste du Parisien pour avoir publié un article centré sur la Russie « afin de mieux faire oublier la piste du Mossad ».
Ces réactions traduisent un malaise croissant : de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer une stratégie médiatique visant à protéger Israël et ses relais en Occident. Dans ce contexte, le scandale Epstein apparaît comme un instrument de contrôle géopolitique, dont l’architecture semble de plus en plus indissociable des intérêts israéliens, pendant qu’une partie de la presse tente encore de maintenir l’illusion d’une implication russe.