À Gaza, la «ligne jaune» israélienne avance et s’impose comme une frontière de fait
© Getty ImagesÀ Gaza, la «ligne jaune» tracée par l’armée israélienne avance vers l’ouest et se transforme en frontière de facto. Témoignages et images satellites décrivent une zone de tir mortelle, où civils et enfants sont touchés, tandis que l’enclave se réduit et se fragmente davantage.
À Gaza, la « ligne jaune », tracée par l’armée israélienne après le cessez-le-feu d’octobre 2025, ne cesse de s’étendre vers l’ouest, transformant progressivement une démarcation présentée comme temporaire en une frontière de fait. Selon des témoignages recueillis et rapportés par L’Orient-Le Jour, cette ligne matérialisée par des blocs de béton peints en jaune s’accompagne d’une zone de tir où tout mouvement est potentiellement mortel.
L’armée israélienne affirme que quiconque s’en approche constitue une menace, une position déjà résumée par le ministre de la Défense, Israël Katz, qui avait averti que toute personne franchissant cette limite « doit savoir qu’il peut être touché ».
Une ligne unilatérale qui redessine Gaza
Le 24 janvier, Mohammad al-Zawarah et son cousin Suleiman, âgés de 15 et 14 ans, ont été mortellement blessés alors qu’ils ramassaient du bois près de l’hôpital Kamal Adwan, pourtant situé à plus de 600 mètres du tracé initial de la ligne. L’armée israélienne a évoqué la présence de « terroristes » dans la zone, qualifiant les adolescents de victimes collatérales.
Les images satellites analysées par des médias d’investigation montrent qu’Israël contrôle désormais jusqu’à 60 % de la bande de Gaza, contre 53 % après le cessez-le-feu, confinant près de deux millions de Palestiniens sur une superficie réduite. Le long de la « ligne jaune », des quartiers entiers sont rasés, des remblais de terre érigés et des positions militaires consolidées, en contradiction avec les termes de la trêve qui prévoyaient le gel des lignes de front.
Les habitants décrivent une peur constante. Selon L’Orient-Le Jour, certains civils affirment qu’« il est interdit de regarder par les fenêtres », sous peine d’être pris pour cible. La pénurie de nourriture, d’eau et de biens essentiels pousse pourtant les Gazaouis à s’approcher de ces zones interdites, au risque de leur vie.