Paris avertit Washington qu’une prise de contrôle du Groenland menacerait le commerce UE–États-Unis
Source: Gettyimages.ruLa France a alerté les États-Unis sur les risques majeurs qu’entraînerait toute remise en cause de la souveraineté du Groenland. Les autorités françaises ont estimé qu’un tel geste fragiliserait profondément les relations économiques entre l’Union européenne et les États-Unis, tout en appelant au maintien du dialogue transatlantique.
La France a averti les États-Unis qu’une remise en cause de la souveraineté du Groenland constituerait une ligne rouge aux conséquences majeures pour les relations économiques transatlantiques. Selon les déclarations du ministre français de l’Économie, Roland Lescure, une telle initiative fragiliserait directement le socle du partenariat entre l’Union européenne et Washington.
S’exprimant auprès du Financial Times, Roland Lescure a indiqué avoir fait part de cette préoccupation au secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, lors d’un échange à Washington. Le ministre a souligné l’inquiétude profonde suscitée en Europe par les déclarations du président Donald Trump, qui affirme vouloir placer le Groenland sous contrôle américain, invoquant des considérations de sécurité nationale.
Pour Paris, la position est sans ambiguïté : le Groenland relève de la souveraineté du royaume du Danemark, État membre de l’Union européenne. Toute tentative d’ingérence serait perçue comme une atteinte directe à l’ordre juridique et politique européen. Roland Lescure a insisté sur le caractère non négociable de ce principe, rappelant que certaines limites ne sauraient être franchies sans remettre en cause l’équilibre des relations internationales.
Malgré des divergences persistantes avec l’administration Trump — qu’il s’agisse des politiques commerciales, de la régulation technologique ou de questions géopolitiques — le ministre français a néanmoins plaidé pour le maintien du dialogue. Il a souligné la nécessité de continuer à coopérer avec les États-Unis sur des priorités communes, notamment dans le cadre d’initiatives du G7 visant à réduire la dépendance à la Chine dans le domaine des terres rares.
Interrogé sur l’éventualité de mesures de rétorsion économique de l’Union européenne en cas d’intervention américaine au Groenland, Roland Lescure a refusé toute spéculation, estimant qu’un tel scénario ouvrirait une phase entièrement nouvelle des relations internationales, nécessitant une adaptation profonde des cadres existants.
D’après le quotidien britannique, les enjeux sont considérables : l’Union européenne et les États-Unis entretiennent la relation commerciale bilatérale la plus importante au monde, avec des échanges de biens et de services dépassant 1 600 milliards d’euros en 2024. Les États-Unis demeurent par ailleurs le principal marché d’exportation de l’Union.
Pour le ministre français, les déclarations de Donald Trump illustrent un paradoxe croissant dans l’attitude américaine : un partenaire historique capable d’agir tantôt comme allié, tantôt comme adversaire imprévisible.
Les inquiétudes concernant le Groenland se sont intensifiées à la suite des déclarations de Donald Trump, qui a plusieurs fois évoqué son achat, voire le recours à la force, au nom de la sécurité nationale des États-Unis. Selon NBC News, le coût d’une éventuelle acquisition du Groenland par les États-Unis pourrait atteindre jusqu’à 700 milliards de dollars.