La France et Israël s'accordent sur l'importance d'empêcher l'Iran d'obtenir l'arme nucléaire

Lors de la visite de Gideon Saar en France, Tel-Aviv et Paris ont coordonné leur position sur le nucléaire iranien, martelant que Téhéran ne devait pas obtenir l'arme nucléaire. Le chef de la diplomatie israélienne a également fait savoir qu'une action militaire était possible en «dernier recours».
Le 3 avril 2025, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, s’est rendu à Paris pour rencontrer son homologue français, Jean-Noël Barrot, dans un contexte de tensions croissantes autour du programme nucléaire iranien.
Cette visite, la première du chef de la diplomatie israélienne en France depuis sa prise de fonction, a mis en lumière une convergence d’intérêts : empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire. Lors d’une conférence de presse conjointe, il a déclaré : « La France et Israël partagent un objectif commun : ne pas laisser l’Iran se doter de l’arme nucléaire ».
L'option militaire sur la table
Jean-Noël Barrot a abondé, soulignant que « sans accord, une confrontation militaire semble presque inévitable ». Ce rapprochement intervient alors que le Plan d’action global commun (JCPOA) de 2015, qui limitait les activités nucléaires iraniennes, expire en octobre 2025. L’Iran enrichit désormais de l’uranium à 60 %, proche des 90 % nécessaires pour une bombe, selon l’AIEA.
Face à cette menace, Donald Trump a relancé ses pressions, menaçant le 29 mars de « conséquences jamais vues » si Téhéran refuse de négocier. Israël, qui voit en l’Iran un danger existentiel, n’exclut pas des frappes, une option que Gideon Saar a évoquée comme un « dernier recours » à Paris.
La France, signataire du JCPOA avec l’Allemagne et le Royaume-Uni, cherche à éviter une escalade. Le ministre français des Affaires étrangères a insisté sur une « solution négociée », tout en critiquant les « provocations » iraniennes, comme les récents exercices militaires à Natanz.
Mais les Européens craignent que Trump et Israël, moins patients, optent pour une action militaire, d’autant que des bombardiers B-2 américains sont déployés à Diego Garcia, dans l’océan Indien, depuis le 29 mars. Cette visite a aussi permis d’aborder la guerre à Gaza et les otages, Gideon Saar saluant le soutien français à l’État hébreu. Alors que l’Iran rejette tout dialogue direct avec Washington, la France et Israël affichent une unité stratégique face à une crise qui pourrait redéfinir la sécurité régionale.