L’audiovisuel public français éclaboussé par la commission Alloncle

L’audiovisuel public français éclaboussé par la commission Alloncle© Capture d'écran LCP
Le rapporteur de la commission sur l'audiovisuel public Charles Alloncle lors d'une audition.
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Après cinq mois d’auditions explosives à l’Assemblée nationale, l’audiovisuel public français est plongé dans la tourmente. Le rapporteur Charles Alloncle a mis au jour gabegies financières, opacité des contrats et entorses à la neutralité, révélant un service public en crise profonde.

Au cœur de la tempête que traverse le service public audiovisuel français : le député UDR Charles Alloncle, rapporteur de la commission parlementaire sur le sujet. Par ses questions il a exposé les failles d’une forteresse assiégée par ses dérives, semant la panique chez les dirigeants et les salariés de France Télévisions qui redoutent désormais les conséquences de cette mise à nu.

Un rapporteur tenace face à une machine opaque

 « C’est panique à bord pour tout le monde », confiait un vétéran de France Télévisions, tandis que Renaud Bernard, délégué syndical central Force ouvrière, saluait un « mal pour un bien pour le groupe ». Ce dernier avait notamment affirmé devant la commission qu’il ne pouvait pas « garantir la neutralité de ce qui se dit à l’antenne ». 

Les auditions ont en effet levé le voile sur des pratiques choquantes : indemnités de licenciement pharaoniques, flotte de voitures de fonction injustifiées, frais de taxis et nuits d’hôtel de luxe au Festival de Cannes, le tout financé par l’argent public.

La concentration des contrats de production chez quelques grands groupes privés, parfois entachée de conflits d’intérêts patents comme dans le cas de Nathalie Darrigrand, a achevé de scandaliser les observateurs. Charles Alloncle a aussi pointé du doigt les biais partisans récurrents.

Par ailleurs, la commission a mis en lumière des entorses graves au droit du travail. Ainsi, une employée de France TV Studios a été licencié du jour au lendemain en 2010, alors qu’elle était enceinte de 6 mois, après avoir dénoncé des agressions sexuelles survenues lors de l’émission « Ce soir ou jamais ».

Les réactions sur les réseaux sociaux illustrent un clivage latent en France entre défenseur du service public, généralement ancrés à gauche, et détracteurs, généralement à droite et peu représentés dans les médias publics.

Ainsi, le journaliste Paul Aveline, du média subventionné Arrêt sur image a dénoncé : « Charles Alloncle a détourné un outil démocratique pour en faire une tribune personnelle », prenant notamment la défense du très fortuné présentateur de divertissements Nagui.

Dans le camp des détracteurs du fonctionnement du service public, certains pointent du doigt les pressions qu’a pu subir Chales Alloncle. Arthur de Watrigant, rédacteur en chef de l’Incorrect a ainsi pu affirmer qu’« avant chaque audition importante, des gens appelaient Charles Alloncle pour lui faire comprendre qu’il valait mieux éviter de poser des questions gênantes à certaines personnalités ».

Alors que le rapport doit être remis fin avril, le risque grandit qu’il ne soit pas adopté par la majorité de la commission et qu’il reste lettre morte, privant les Français d'un important débat. Mais un tel scénario serait à double tranchant, risquant de discréditer un peu plus le système médiatique public français.

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