À Paris, les tournages de cinéma menacés par la criminalité
© Wiki commonsDans la capitale française, les équipes de production cinématographique font face à une recrudescence de rackets et d’intimidations de la part de groupes criminels liés au trafic de drogue. Les autorités, alarmées, ont organisé des réunions pour renforcer la sécurité et encourager les dépôts de plaintes, afin de protéger cette filière économique.
La montée de l’insécurité sur les plateaux de tournage parisiens, autrefois concentrée dans certains quartiers, s'étend désormais à d'autres arrondissements. Le phénomène est tel que les professionnels doivent adapter leurs stratégies pour éviter des perturbations coûteuses dans la capitale française déjà secouée fin décembre 2025 par des chiffres alarmant concernant les violences sexuelles dans ses transports.
Réactions et témoignages sur les menaces
Les tournages de films à Paris, qui ont cumulé plus de 5 700 jours en 2024, sont de plus en plus la cible de tentatives d'extorsion. Selon des professionnels interrogés par Le Parisien, les pressions proviennent souvent de narcotrafiquants opérant dans les 18ème, 19ème, 20ème et 13ème arrondissements. « Les deux dernières années ont été très compliquées », confie un régisseur expérimenté de vingt ans. Les méthodes incluent des chantages immédiats, avec des demandes allant de 1 000 à 3 000 euros, ou plus. En cas de refus, les perturbateurs recourent à des nuisances comme des moteurs vrombissants ou de la musique à fond, voire des menaces explicites : « Si tu ne paies pas, on vous crève les pneus des camions de régie ».
😱Peur sur la ville… de Paris !
— Destination Ciné (@destinationcine) February 1, 2026
Racket, menaces, chantage, intimidations, vols… les tournages de cinéma à Paris sont devenus des cibles privilégiées pour les délinquants https://t.co/kUExiC0v4G
Face à cette situation, une réunion s'est tenue en septembre 2025 entre la préfecture de police, la Ville de Paris, Film Paris Région et les organisations professionnelles. L'objectif : encourager les dépôts de plaintes systématiques et harmoniser les dispositifs de sécurité. Pourtant, seulement trois faits ont été enregistrés en 2025 (deux extorsions et un vol), bien en deçà du ressenti sur le terrain. Les contraintes budgétaires poussent certaines productions à payer pour éviter des interruptions coûteuses, le dommage pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers d'euros par jour.
Antonin Duarte, candidat aux municipales, a commenté : « L’insécurité inadmissible a Paris sur les tournages de #cinéma ! Quand la ville des Lumières devient la ville du racket … »
L’insécurité inadmissible a Paris sur les tournages de #cinéma !
— Antonin Duarte (@antonin_duarte) February 1, 2026
Quand la ville des Lumières 💡 devient la ville du racket … https://t.co/z3OIb0gTHG
La préfecture insiste sur le rôle des vigiles privés, mais souligne que toutes les sociétés ne sont pas fiables. Une labellisation des prestataires est à l'étude, ainsi qu'une cellule d'anticipation pour croiser les incidents.
La Mission Cinéma de la Ville travaille à un formulaire en ligne pour signaler les problèmes. Certains professionnels évitent désormais les quartiers à forte présence d'immigrés, optant pour des studios ou des déplacements en banlieue, comme en Seine-et-Marne, pour un « Hollywood français » loin de la diversité et des violences de la capitale. Cette évolution menace l'attractivité de Paris comme décor naturel, ainsi que l'économie locale.