Dix militants nationalistes britanniques interdits de territoire français pour leur combat contre les traversées illégales

Dix militants nationalistes britanniques interdits de territoire français pour leur combat contre les traversées illégales© Compte X @RTCORGUK
Des militants du groupe Raise the colours devant une statue de Churchill.
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Dix ressortissants britanniques, membres du mouvement Raise the Colours, ont été bannis du sol français pour avoir détruit des embarcations de fortune utilisées par des migrants tentant de rejoindre le Royaume-Uni.

En pleine crise migratoire sur les côtes du Nord, des militants britanniques ont fait l'objet d'interdictions administratives, signe des tensions autour de la sécurisation des frontières. Leur groupe, déterminé à alerter l’opinion publique britannique, dénonce une décision inique qui ignore les vrais problèmes de l’immigration illégale.

Le ministre de l’Intérieur invoque l’état de droit

Le ministère de l’Intérieur, dirigé par Laurent Nuñez, a annoncé ces interdictions le 13 janvier, la présence de ces activistes ayant été signalée sur le littoral du Pas-de-Calais.

Ces nationalistes, identifiés comme membres de Raise the Colours, s’étaient illustrés en neutralisant des « small boats », ces bateaux précaires servant aux passages clandestins vers l’Angleterre. Des actions qui, selon le ministère, risquaient de causer de « graves troubles à l’ordre public ».

L’initiative de ces ressortissants britanniques visait, selon eux, à combler le vide laissé par les autorités, incapables de juguler un flux migratoire massif : en 2025, pas moins de 41 472 migrants ont traversé la Manche, un chiffre alarmant qui interpelle sur l’efficacité des politiques en place alors qu’en seulement une journée, le 21 décembre, pas moins de 151 clandestins ont été sauvés de la noyade.

Les militants britanniques maintiennent que leurs opérations restaient pacifiques et légales, destinées à sensibiliser le public britannique sur les dangers de ces traversées. Raise the Colours a réagi vivement dans un communiqué, accusant le ministre de viser les lanceurs d’alerte tout en « ne faisant absolument rien pour expulser les immigrants présents dans la région de Calais ».

Sur X, le mouvement avait initialement qualifié la décision d’«absolument scandaleuse», avant de supprimer le post, illustrant la pression exercée sur ces voix dissidentes.

Des associations pro-migrants, comme Médecins du Monde ou L’Auberge des migrants, se sont félicitées de cette mesure, la qualifiant de « premier pas », bien que tardif. Paul Alauzy, de Médecins du Monde, a évoqué des activistes semant la division en s’en prenant à des « personnes extrêmement vulnérables à la recherche d’un refuge ».

Une enquête pour « violences aggravées » a été ouverte suite à un incident en septembre près de Dunkerque, mais Raise the Colours nie toute implication, renforçant l’idée d’une chasse aux sorcières. Alors que Keir Starmer, Premier ministre britannique, fait face à la montée du parti anti-immigration Reform UK et de son leader Nigel Farage qui promet l’expulsion de 600 000 migrants, un accord bilatéral franco-britannique prévoit des échanges de migrants sur un principe « un pour un ». Cette initiative, signée cet été, peine toutefois à endiguer le phénomène, ouvrant la voie à des initiatives privées comme celle de l’organisation Raise the Colours.

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