Le prix de la cocaïne a baissé en France

Une récente note de l’Office anti-stupéfiants (OFAST) a montré que le prix d'un gramme de cocaïne était passé de 66 euros à 58 euros. Une baisse significative qui inquiète les pouvoirs publics et qui prouve que cette drogue se démocratise.
Une nouvelle inattendue secoue le débat sur les stupéfiants en France : le prix de la cocaïne a chuté, passant de 66 euros le gramme en 2023 à 58 euros, selon une note de l’Office anti-stupéfiants (OFAST).
Cette baisse, la première depuis 2014, illustre une abondance de l’offre et une concurrence accrue entre réseaux criminels, dans un contexte où la consommation explose. Loin d’être marginale, la drogue s’impose comme un phénomène de société, touchant tous les milieux.
Une drogue du quotidien
Cette diminution de 10 % en un an s’explique par une production mondiale record – 2 700 tonnes en 2022, selon l’ONU – et une saturation du marché européen. En France, les saisies records (47 tonnes sur les 11 premiers mois de 2024) n’ont pas enrayé cette abondance. La pureté, elle, grimpe à 73 %, rendant la drogue plus attractive. Résultat : une accessibilité accrue, avec des ventes fractionnées à 15 ou 20 euros le «pochon», qui démocratise son usage.
Les chiffres sont éloquents. En 2023, l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) recensait 1,1 million de personnes ayant consommé de la cocaïne au moins une fois, contre 600 000 en 2022 – un doublement en un an. Parmi elles, 2,7 % des adultes (3,9 % des hommes, 1,6 % des femmes) ont expérimenté la drogue en 2023. Le crack, forme fumée, gagne aussi du terrain, notamment chez les précaires, avec des «cailloux» vendus à 10-20 euros dans des villes comme Rennes ou Lyon.
Cette hausse touche tous les profils : étudiants, trentenaires festifs, mais aussi actifs dans la restauration ou la pêche, où elle aide à «tenir» face à des conditions difficiles.
La banalisation – 39 % des Français la voient comme un «choix de vie» – et la baisse des prix posent un défi majeur. Malgré les efforts répressifs, le marché prospère, générant 3,5 à 6 milliards d’euros annuels. La cocaïne, loin d’être une drogue de niche, s’ancre dans le quotidien, interpellant sur l’urgence d’une réponse globale.