La Tunisie et la Libye lancent un vaste appel d’offres conjoint pour l’exploration pétrolière et gazière en Méditerranée
Source: ReutersTunis et Tripoli veulent donner un nouvel élan à leur coopération énergétique en ouvrant aux investisseurs une importante zone offshore commune. Le projet vise à mettre en valeur les ressources du bassin de Gabès-Tripoli, où plusieurs gisements pétroliers et gaziers ont déjà été identifiés, tout en préparant de nouveaux projets de production.
La Tunisie et la Libye relancent leur appel d’offres pétrolier et gazier dans le bassin offshore de Gabès-Tripoli, avec une ouverture prévue le 7 septembre 2026. Pilotée par la société commune Joint Oil, la procédure porte sur deux volets : l’exploration d’un bloc de 3 000 km² et le développement du gisement transfrontalier de Zarat.
Créée en 1988, Joint Oil gère les ressources de cette zone maritime commune aux deux pays. L’appel d’offres restera ouvert jusqu’au 31 décembre 2026. Les compagnies disposant d’une expérience confirmée dans l’exploration et le développement offshore pourront accéder à une salle de données virtuelle gérée par le cabinet Moyes & Co.
Les candidats retenus seront informés le 26 février 2027, avant les attributions officielles prévues d’ici au 30 avril 2027. Joint Oil présentera également les projets à Londres, le 9 septembre 2026 lors du Mediterranean, Middle East & Africa Scout Group, puis les 29 et 30 septembre au World Energy Summit.
Un bassin offshore à fort potentiel
Le volet exploration concerne une zone située dans des eaux de 80 à 120 mètres de profondeur. Le bloc est déjà couvert par environ 1 900 km² de données sismiques 3D, auxquels s’ajoutent 6 500 km de profils sismiques 2D. Il dispose également des résultats de cinq puits d’exploration forés entre 1976 et 2010.
Cinq principales cibles ont été identifiées : Faisal, Hadaf, Siraj Est, Siraj Ouest et Zarat profond. Leurs ressources moyennes en place dépasseraient 1,6 milliard de barils de pétrole et 87,8 milliards de m³ de gaz naturel.
Hadaf concentre le potentiel pétrolier le plus important, avec un peu plus d’un milliard de barils estimés en place. Siraj Ouest apparaît comme la principale cible gazière, avec environ 48,1 milliards de m³ de gaz, auxquels s’ajouteraient 358 millions de barils de pétrole.
Le bloc se trouve par ailleurs à proximité de plusieurs champs déjà exploités, notamment Bouri, Al Jurf et Bahr Essalam côté libyen, ainsi qu’Ashtart, Miskar et Didon côté tunisien. Cette proximité avec des installations existantes pourrait faciliter le développement d’éventuelles découvertes et leur intégration aux infrastructures énergétiques régionales.
Zarat, un projet commun au cœur du développement
À ce programme d’exploration s’ajoute un projet plus avancé : le développement de Zarat. Découvert par Marathon Oil en 1992, le gisement est situé à cheval sur la frontière maritime tuniso-libyenne.
Zarat contiendrait 266 millions de barils de pétrole et de condensats ainsi que 31,1 milliards de m³ de gaz en place. Les réserves récupérables sont estimées à 72 millions de barils et 23,6 milliards de m³ de gaz.
Sa mise en valeur nécessitera plusieurs accords entre la Tunisie et la Libye, notamment sur le partage de la production, l’unification des ressources et l’exploitation commune du gisement. Parmi les solutions envisagées figurent le raccordement de plusieurs puits à une unité de production offshore et l’utilisation des infrastructures régionales pour l’évacuation du pétrole.
Avec cette relance, Tunis et Tripoli cherchent ainsi à mieux valoriser leurs ressources offshore communes et à approfondir une coopération énergétique bilatérale engagée depuis plusieurs décennies. Le projet s’inscrit ainsi dans une logique de développement conjoint d’un bassin partagé, reposant directement sur les intérêts et les capacités des deux pays voisins.