Tunisie–ZLECAf : vers une feuille de route commune pour renforcer l’intégration africaine
© X / Tunisian MFA Mohamed Ali NaftiLa diplomatie tunisienne et le secrétariat général de la ZLECAf ont convenu d’élaborer un plan d’action conjoint destiné à renforcer leur coopération. Les discussions ont porté sur l’intégration économique du continent, le développement des échanges africains et le rôle de la Tunisie comme plateforme reliant l’Afrique, la Méditerranée et l’Europe.
La Tunisie et le secrétariat général de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) souhaitent franchir une nouvelle étape dans leur coopération. À l’occasion d’une visite de travail à Tunis qui se déroule du 10 au 13 juin, le secrétaire général de l’organisation, Wamkele Mene, a rencontré le ministre des Affaires étrangères Mohamed Ali Nafti afin d’examiner l’état d’avancement de l’accord de libre-échange continental et ses perspectives de développement.
Les deux responsables ont décidé d’engager l’élaboration d’une feuille de route conjointe destinée à définir les priorités de coopération et les mécanismes de suivi des projets communs.
Lors de cette rencontre, Mohamed Ali Nafti a rappelé que la Tunisie figurait parmi les premiers pays du continent à avoir signé et ratifié l’accord instituant la ZLECAf. Il a réaffirmé l’engagement de Tunis en faveur de l’intégration économique africaine dans le cadre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
Le ministre a également mis en avant les atouts logistiques du pays, notamment ses infrastructures portuaires et les projets de modernisation en cours, qui renforcent son ambition de devenir une plateforme reliant les espaces africain, méditerranéen et européen.
Faire émerger un marché continental plus intégré
Les discussions ont aussi porté sur le renforcement de la coordination entre la ZLECAf et plusieurs institutions africaines installées en Tunisie, parmi lesquelles l’Institut africain de la statistique et le Centre africain d’excellence pour les marchés inclusifs.
L’objectif affiché est de contribuer au développement des chaînes de valeur africaines et d’accélérer les échanges intracontinentaux dans un contexte où plusieurs économies cherchent à réduire leur dépendance aux marchés extérieurs.
Cette question a également été au cœur du premier Forum de la ZLECAf organisé à Tunis en marge du Salon international de l’alimentation Afrique (IFSA Africa). Les participants ont souligné l’importance pour les entreprises tunisiennes de renforcer leur présence sur les marchés africains.
Selon les responsables du ministère du Commerce, cette orientation répond à une nécessité stratégique : aujourd’hui encore, près des deux tiers des exportations tunisiennes demeurent destinés au marché européen. La diversification vers le continent africain apparaît ainsi comme l’un des principaux leviers de croissance pour les années à venir.