Niger : le ministre de l’Intérieur estime qu’un changement de président en France pourrait réduire la menace terroriste

Niger : le ministre de l’Intérieur estime qu’un changement de président en France pourrait réduire la menace terroriste© African Initiative
Le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire, le général de division Mohamed Toumba.
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Les autorités nigériennes remettent en cause le rôle de la France dans la dégradation sécuritaire au Sahel. Dans un entretien diffusé par la Radio Télévision du Niger, le ministre de l’Intérieur Mohamed Toumba estime qu’un changement de président en France pourrait contribuer à réduire la menace terroriste dans la région.

Au Niger, le dossier sécuritaire continue d’occuper une place centrale dans le discours des autorités, alors que les attaques se poursuivent dans un climat toujours tendu. C’est dans ce cadre que le ministre d’État chargé de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire, le général de division Mohamed Toumba, s’est exprimé dans un « Grand Entretien exclusif » diffusé par la Radio Télévision du Niger.

Au cours de cet échange, le ministre a accusé la France de soutenir les groupes terroristes actifs dans la région. Dans l’extrait de transcription fourni, Mohamed Toumba déclare ainsi à la RTN : « Je me dis que c’est la France qui soutient les terroristes. » Il relie ensuite cette question à la future échéance présidentielle française. Il affirme : « Est-ce que le prochain président de la France va continuer à soutenir les terroristes ? Ou il va s’occuper d’autre chose ? » Puis il ajoute : « Mon intérêt, c’est que le prochain président de la France s’occupe d’autre chose. »

Niamey lie l’insécurité au contexte politique français

À travers ces déclarations, le ministre défend l’idée qu’un changement de cap à Paris pourrait avoir des effets directs sur la situation sécuritaire au Niger. Selon la lecture portée par les autorités nigériennes, la fin du soutien extérieur attribué à certains acteurs permettrait de réduire l’intensité des attaques. Pour les autorités de Niamey, plusieurs acteurs extérieurs continuent d’appuyer les combattants présents dans le Sahel, notamment la France.

Dans le même temps, les autorités nigériennes envisagent de renforcer leur dispositif interne. Le retour du service militaire obligatoire est à l’étude afin de consolider la lutte contre les groupes armés.

Un contexte régional déjà très tendu

Les propos de Mohamed Toumba interviennent alors que les tensions entre Niamey et Paris sont déjà fortes. Le 11 février, le chef d’état-major du président de la transition, le général Amadou Ibro, a déclaré lors d’un rassemblement à Niamey que le pays se préparait à « entrer en guerre avec la France ».

Au-delà du bras de fer entre le Niger et la France, le Sahel reste déstabilisé depuis plus de dix ans par des branches de l’État islamique et d’Al-Qaïda, notamment au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Cette dégradation s’est accentuée après la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, souvent présentée dans la région comme l’un des tournants majeurs du chaos sahélien.

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