L'AES n'a «plus confiance en la France» qui «fait partie du problème au Sahel», selon le chef de la diplomatie nigérienne

L'AES n'a «plus confiance en la France» qui «fait partie du problème au Sahel», selon le chef de la diplomatie nigérienne© X / Diplomatie Togolaise
Bakary Yaou Sangaré, ministre nigérien des Affaires étrangères.
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Bakary Yaou Sangaré s’est exprimé sans concession sur l’attitude française envers le Niger et les pays de l’AES, faisant état d’une disposition de la confédération sahélienne à renouer le dialogue avec la France si celle-ci réinstaure la confiance et change de posture vis-à-vis du Sahel.

S’exprimant sur les relations entre la France et les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui réunit le Mali, le Niger et le Burkina Faso, le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, s'est entretenu avec la chaîne Voxafrica, le 18 avril, en marge du lancement de l’initiative « La nouvelle stratégie du Togo pour le Sahel 2026-2028 », sur l’état des relations entre la confédération et la France, affirmant, sans concession, que « ce que la France pense de l'AES, c'est son problème ». Le chef de la diplomatie n’a cependant pas exclu de « parler avec la France », mais à condition qu’elle change de « posture » au Sahel.

« Nous n’avons plus confiance en la France »

Critiquant la « condescendance » et la politique des « deux poids deux mesures » française, Bakary Yaou Sangaré a fustigé le traitement inégal des coups d’État qui ont eu lieu dans la région, citant notamment l’exemple du Gabon et de la Guinée qui ont droit à une attitude différente de celle réservée aux pays de l’AES.

Sur le plan économique, il a pointé les anciens contrats conclus avec la partie française. « Nous avons des contrats, des accords avec la France. On les a tous dénoncés parce qu'ils sont déséquilibrés. Si la France veut revenir pour qu'on s'asseye et qu'on discute [...] il faut qu'on reconstruise la confiance, parce que nous n'avons plus confiance en la France », a-t-il déclaré.

La France doit arrêter « de faire ce qu'elle est en train de faire »

Le chef de la diplomatie nigérienne a aussi rappelé les déclarations de responsables français indiquant que la France « fera tout pour faire échouer la transition au Niger » et pour « déstabiliser les pays de l'AES ». Pour une reprise du dialogue avec le Niger, Bakary Yaou Sangaré a appelé la France à arrêter « de faire ce qu'elle est en train de faire d'abord au Sahel parce qu'elle fait partie du problème du Sahel ». Il a souligné la nécessité d’instaurer la confiance, sans laquelle aucune négociation ne sera engagée avec la France ou avec « n'importe quel pays qui se comportera de cette manière ». Sinon, il sera impossible de bénéficier de relations prospère avec les pays de l'AES.

Gagner la guerre contre le terrorisme

Évoquant la mobilisation générale au Niger, décrétée par le président Abdourahamane Tiani, le ministre a fait état de la détermination du peuple nigérien à « reconquérir sa place » et à contrer la « mainmise » sur les ressources du pays. Associant la France au terrorisme qui sévit au Sahel, il a déclaré : « Nous sommes en train de combattre la France avec le terrorisme », faisant part de sa certitude pour remporter la victoire « dans la guerre que nous menons contre le terrorisme, dans la guerre que nous menons contre les sponsors étatiques étrangers et dans la guerre que nous menons aussi avec les pays africains qui servent de base arrière ».

En conclusion, Bakary Yaou Sangaré a appelé l'ensemble des dirigeants africains à œuvrer pour « une coexistence pacifique » dans l’intérêt de l’ensemble du continent.

Pour rappel, les pays de l’AES ont dénoncé les accords passés avec la France dans les domaines militaire, minier et économique et ont obtenu dans la foulée le départ des troupes françaises de leurs territoires, estimant qu’elles n’ont apporté aucune avancée significative dans la lutte contre le terrorisme au Sahel.

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