Kenya : les autorités accusées d’avoir utilisé une technologie israélienne pour pirater le téléphone d’un opposant

Kenya : les autorités accusées d’avoir utilisé une technologie israélienne pour pirater le téléphone d’un opposant© Brian Inganga Source: AP
Boniface Mwangi, candidat à l'élection présidentielle en 2025, [Photo d'archives]
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Un rapport de l’organisation de recherche Citizen Lab affirme que les autorités kényanes ont eu recours à un outil d’origine israélienne pour accéder au contenu du téléphone de l’opposant et militant Boniface Mwangi. Des révélations qui relancent les inquiétudes sur l’usage de technologies de surveillance contre la société civile.

Les autorités du Kenya auraient utilisé un logiciel d’extraction de données conçu par l’entreprise israélienne Cellebrite pour accéder au téléphone portable du militant des droits de l'homme Boniface Mwangi, selon un rapport publié, le 17 février, par Citizen Lab, un centre de recherche spécialisé dans la surveillance numérique.

Les chercheurs affirment, avec un « haut niveau de confiance », que le téléphone personnel de l’activiste a été compromis alors qu’il se trouvait sous la garde des autorités, après son arrestation en juillet dernier. Lorsque l’appareil lui a été restitué, l’opposant a constaté que la protection par mot de passe avait été désactivée, ce qui a immédiatement éveillé ses soupçons.

Selon le rapport, l’utilisation de cette technologie aurait permis une extraction complète des données stockées dans le téléphone, y compris les messages, fichiers personnels, informations financières, mots de passe et autres contenus sensibles. Citizen Lab estime que ces éléments s’inscrivent dans une tendance plus large d’utilisation d’outils d’investigation numérique par des gouvernements pour surveiller des acteurs de la société civile.

Pour Boniface Mwangi, figure engagée en faveur des droits de l'homme et candidat potentiel à la présidentielle de 2027, cette intrusion constitue une atteinte directe à sa vie privée et à sa sécurité. L’activiste affirme évoluer depuis longtemps dans un environnement marqué par la surveillance et estime que ses communications font régulièrement l’objet de surveillance.

Une technologie qui viole les droits de l'homme

L’entreprise Cellebrite a réagi en indiquant disposer de procédures strictes pour examiner toute accusation d’usage abusif de sa technologie. Elle assure pouvoir prendre des mesures, allant jusqu’à la suspension de licences, lorsqu’elle est confrontée à des preuves crédibles d’utilisation inappropriée. Le groupe souligne par ailleurs que ses outils sont censés être employés uniquement dans le cadre d’enquêtes menées conformément aux procédures légales.

L’affaire intervient dans un contexte de tensions autour de l’arrestation de Mwangi l’an dernier, poursuivi pour possession illégale de munitions en lien avec sa participation à des manifestations. L’organisation Amnesty International avait alors dénoncé une procédure qui, selon elle, s’inscrivait dans une stratégie plus large visant à intimider les voix critiques.

Le rapport met également en lumière une problématique plus globale : l’exportation de technologies de surveillance vers des États accusés de violations des droits de l'homme. Citizen Lab affirme que des outils similaires ont été utilisés dans d’autres pays, notamment en Jordanie, où des militants et manifestants auraient également vu leurs téléphones examinés à l’aide de solutions développées par Cellebrite.

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