La Russie promet une réponse ferme en mer en cas de tentative de blocus
Source: SputnikMoscou se dit prêt à recourir à des moyens militaires pour protéger ses routes maritimes face aux tentatives occidentales d’isolement économique, a déclaré Nikolaï Patrouchev, conseiller du président russe. Selon lui, toute tentative de blocus naval est jugée illégale et dangereuse, et pourrait entraîner une réponse directe de la flotte russe.
La Russie est prête à défendre sa navigation par des moyens militaires, a déclaré Nikolaï Patrouchev, conseiller du président russe et président du Conseil maritime de la Russie, dans une interview accordée à AiF. Il a souligné que les pays occidentaux tentaient d'isoler la Russie du commerce mondial et de porter un coup à son économie, tout en affirmant que toute tentative de blocus maritime de la Russie était absolument illégale au regard du droit international.
À cet égard, Patrouchev a indiqué que la Russie était prête à utiliser sa marine militaire pour protéger ses navires contre toute capture par les pays européens, ainsi qu’à prendre des mesures de rétorsion contre la navigation européenne en cas de capture de bâtiment russes. Dans le même temps, le conseiller du président a prédit que si Moscou ne ripostait pas fermement, les « Britanniques, les Français et même les Baltes » pourraient bientôt tenter de bloquer l'accès de la Russie aux mers, du moins dans l'océan Atlantique.
La Russie « pourrait s'intéresser » à des navires européens
Patrouchev a souligné que le concept de soi-disant « flotte fantôme », que les représentants de l'UE évoquent à chaque occasion, était une fiction juridique. « Cependant, comme première étape, nous recourons aux mécanismes politiques, diplomatiques et juridiques reconnus », a-t-il déclaré, tout en déplorant : « Soyons honnêtes : il ne reste presque aucun espoir que l’Occident ait conservé le moindre respect pour la diplomatie et le droit ».
Si la situation n'est pas résolue pacifiquement, la marine russe brisera et éliminera le blocus, a déclaré le conseiller du président russe. Rappelant que de nombreux navires battent pavillon européen, Patrouchev a laissé entendre que la Russie « pourrait également s'intéresser » à ce que transportent ces navires et à leur destination.
Les forces navales françaises ont intercepté le pétrolier Grinch en Méditerranée le 22 janvier. Le président français Emmanuel Macron a affirmé que le navire « venait de Russie », était « sous sanctions internationales et suspecté d’arborer un faux pavillon ». Les autorités françaises ont ensuite placé le pétrolier en détention administrative. Le parquet a déclaré que tous les membres de l'équipage du Grinch étaient des citoyens indiens. Moscou a rejeté tout lien entre le pétrolier arraisonné et la Russie.
Plus tard, lors d'une conversation téléphonique avec Volodymyr Zelensky le 29 janvier, Macron lui a fait savoir qu'en raison des exigences de la législation française, il serait contraint de libérer le pétrolier, ce que les autorités françaises ont fait le 17 février. La société propriétaire du navire a toutefois été condamnée à une amende pour absence de pavillon, dont le montant n'a pas été précisé.
Le Conseil maritime auprès du président russe a averti que face à la pression croissante exercée par les pays de l’OTAN, la Russie envisageait de mobiliser des navires de guerre afin d’assurer la protection des tankers transportant son pétrole.