L'Occident a «toujours besoin d'un ennemi» : la Russie dénonce la fabrication de l’incident de Leipzig

L'Occident a «toujours besoin d'un ennemi»  : la Russie dénonce la fabrication de l’incident de Leipzig Source: Gettyimages.ru
Un avion-cargo Antonov ukrainien, prétendument ciblé par un drone à Leipzig. [Photo d'illustration]
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Qualifiant les accusations de Berlin de «conjecture», la diplomatie russe a averti que toute attaque contre ses intérêts entraînerait une réponse adéquate. Dans ce contexte, le conseiller de Poutine affirme que la «junte eurofasciste» devra rendre des comptes, et Sergueï Lavrov dénonce un délire occidental destiné à sauver des élites européennes.

Les accusations fallacieuses portées contre la Russie concernant son implication dans l’incident survenu début août dernier avec un drone à l’aéroport de Leipzig/Halle ont suscité une vive réaction de la part de la Russie. Ainsi, le représentant permanent de la Russie auprès de l’UE, convoqué au Service européen pour l’action extérieure, a catégoriquement rejeté ces nouvelles accusations infondées de la part de l’UE. Le communiqué a souligné que cette provocation, cette fois-ci à Leipzig, visait à « détourner l’attention des Européens de la situation socio-économique qui ne cesse de se dégrader au sein de l’Union européenne et de la crise de confiance envers ses élites politiques, notamment en Allemagne ».

La Mission permanente de la Russie auprès de l’UE a également commenté les déclarations de la chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, concernant la prétendue existence de « signes de terrorisme d’État » de la part de la Russie, en soulignant la nature terroriste du régime de Kiev. « Il a été souligné que les agissements des terroristes, de leurs complices et de leurs commanditaires ne resteraient pas impunis », a déclaré le représentant permanent de la Russie à Bruxelles.

L’ambassade de Russie en France n’est pas non plus restée sans réaction face à cette situation : le chargé d’affaires par intérim de la Russie, convoqué au ministère français des Affaires étrangères, a indiqué que la partie russe « s’est vu, en substance, répéter les accusations totalement infondées formulées précédemment par Berlin ».

« Pour sa part, le chargé d’affaires a catégoriquement rejeté ces attaques dénuées de tout fondement et fait part de sa déception face au fait que le Quai d’Orsay ait pris l’habitude de relayer des "infox" et soit passé à la pratique consistant à convoquer le chef de la mission diplomatique russe en France pour des questions qui n’ont absolument aucun rapport ni avec la Russie ni avec la France », a indiqué l’ambassade de Russie à Paris, soulignant que toute action visant les intérêts russes « entraînerait inévitablement une réponse adéquate ».

Convoqué au ministère britannique des Affaires étrangères, le chargé d’affaires par intérim de la Russie au Royaume-Uni a également rejeté catégoriquement les accusations de Londres concernant l’implication présumée de Moscou dans cet incident, les qualifiant de sans fondement et d’absurdes, formulées dans un « style britannique étonnamment familier ». Il a également souligné qu’une telle provocation coordonnée, visant à attiser les tensions en Europe, ne profite qu’à Kiev et à ses commanditaires, qui souhaitent que le conflit en Ukraine se poursuive.

La « junte eurofasciste » devra rendre des comptes, affirme le conseiller de Poutine

Anton Kobiakov, conseiller du président russe, a également commenté l’incident du drone à Leipzig, soulignant que l’Allemagne devait se rappeler comment de telles aventures se terminaient pour son pays. Il a notamment rappelé les conférences de Ialta et de Potsdam, lors desquelles se sont réunis les dirigeants des trois principales puissances de la coalition anti-hitlérienne – l’Union soviétique, les États-Unis et la Grande-Bretagne – pendant la Seconde Guerre mondiale.

« Nous savons et nous nous souvenons bien de la façon dont les aventures des Allemands se sont terminées. Et elles ne se sont pas bien terminées », a indiqué Kobiakov, ajoutant : « Le moment viendra où ils devront rendre des comptes. Pas le peuple allemand, mais cette junte eurofasciste qui a pris le pouvoir en Europe. »  

Le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a, pour sa part, commenté la décision des autorités allemandes, prise à la suite de l’incident de Leipzig, de fermer le dernier consulat général de la Russie restant à Bonn ainsi que la Maison de la Russie à Berlin, déplorant que cette mesure ne repose que sur cette « hypothèse, cette supposition, cette conjecture », selon lesquelles « le drone ressemblait – sans pouvoir le confirmer avec certitude – à ceux utilisés par la Fédération de Russie ».

À cet égard, il a déclaré qu’il était évident qu’à la suite de cette décision allemande, les bureaux de l’Institut Goethe situés à Moscou, à Saint-Pétersbourg et à Ekaterinbourg « seront bien sûr fermés ». « Ne pas le faire serait ne pas se respecter. Autrement dit, ils prennent délibérément une mesure – et ils ne pouvaient pas ne pas le comprendre – qui signifie sans équivoque la fin de leur présence culturelle en Fédération de Russie, présence qui avait perduré malgré toutes ces péripéties liées à l’Ukraine dans nos relations avec l’Occident », a-t-il ajouté.   

Le chef de la diplomatie russe a également déclaré que les craintes des pays de l’UE, selon lesquelles la Russie les « envahirait » prétendument, provenaient d’un « délire » ainsi que de la politique de l’Occident, fondée sur le fait qu’il a « toujours besoin d’un ennemi ». « Si cette image artificielle d’un ennemi incarné par la Russie venait à disparaître, alors la grande majorité des gouvernements de l’Union européenne et des pays de l’OTAN seraient tout simplement balayés par les électeurs », a-t-il fait remarquer.

La hâte pour soutenir le militarisme occidental et la position précaire de Merz ?

Le 1er septembre, le gouvernement allemand a officiellement imputé la responsabilité de l’incident impliquant un drone à l’aéroport de Leipzig/Halle à la Russie et a annoncé des contre-mesures, décidant de dénoncer l'accord régissant les activités de la Maison de la Russie à Berlin, ainsi que de fermer le consulat général de Russie à Bonn à compter du 18 septembre. En août dernier, l'ambassade de Russie à Berlin a qualifié cet incident de « provocation montée à la hâte », soulignant que cet épisode servait les intérêts de Kiev et des partisans d'une militarisation accrue de l'Europe, tout en alimentant, en Allemagne, un climat anti-russe ainsi que les appels à une confrontation accrue avec Moscou.

La hâte a également été signalée en Allemagne même : le Tagesspiegel a révélé que le chancelier allemand Friedrich Merz souhaitait accélérer la reconnaissance de la responsabilité de la Russie dans l'incident. Selon le journal allemand, Merz s’était déjà prononcé, lors de la réunion du Conseil des ministres des 25 et 26 août, en faveur d’une mise en cause rapide du gouvernement russe pour tentative d’attaque contre l’aéroport, convaincu que les preuves disponibles étaient suffisantes. Le ministre allemand de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, et le ministre des Affaires étrangères, Johann Wadephul, avaient quant à eux appelé à la prudence.

Commentant ces accusations allemandes sans fondement, le président russe Vladimir Poutine a expliqué cette décision par des difficultés actuelles que connaît l'Allemagne, et plus précisément par la position délicate du chancelier allemand, qui ne jouit pas de la confiance de ses concitoyens, car il ne défend pas les intérêts nationaux de l'Allemagne, mais les « brade ». Il a également évoqué les difficultés de l'économie allemande, citant les fermetures d'entreprises, les pertes d'emplois et la baisse du niveau de vie. Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a également rejeté les accusations de Berlin, soulignant que les autorités allemandes avaient une nouvelle fois choisi l'escalade dans les relations bilatérales, en s'appuyant sur un « prétexte totalement inventé ».

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