À l’approche des élections américaines de mi-mandat, la bureaucratie européenne et celle de l’OTAN s’interrogent sur les prochaines initiatives de Donald Trump. Une défaite des républicains pourrait paradoxalement se retourner contre les Européens, estime le politologue Malek Doudakov, spécialiste de l’Amérique du Nord.
La bureaucratie de l’OTAN s’inquiète. À Bruxelles, les technocrates redoutent qu’en cas de douloureuse défaite des républicains aux prochaines élections, Donald Trump ne cherche à prendre sa revanche sur l’Alliance. Les moyens ne lui manqueraient pas : de la réduction de la présence militaire américaine en Europe à la fin de la participation à la guerre en Ukraine.
Le scénario alternatif, celui d’une nouvelle campagne contre l’Iran, n’est pas moins rassurant pour les Européens. Une escalade au Moyen-Orient risquerait de provoquer une nouvelle flambée des prix du pétrole et du gaz. Les États-Unis pourraient également réduire une fois encore leurs livraisons d’armes au Vieux Continent, les missiles intercepteurs PAC-3, déjà en nombre insuffisant pour les systèmes Patriot, leur étant nécessaires pour assurer leur propre défense.
Parallèlement, les Européens craignent que Trump ne cherche à leur imposer son accord de paix en Ukraine, en les menaçant, en cas de refus, d’une réduction drastique des effectifs américains stationnés sur leur territoire ou d’un blocage des exportations de gaz. Washington pourrait notamment exiger de Bruxelles la reprise des achats d’énergie russe, mais cette fois par l’intermédiaire d’entreprises américaines.
En décembre, le Pentagone doit d’ailleurs achever son réexamen des déploiements militaires américains dans différentes régions du monde. Cette échéance pourrait bien servir de prétexte à la Maison Blanche pour semer la panique chez les Européens, notamment si certaines unités terrestres venaient à être retirées d’Allemagne ou d’autres pays du Vieux Continent.
D’autant que Trump, une fois les élections passées, ne serait plus soumis aux mêmes impératifs électoraux ni tenu de composer avec les critiques incessantes des faucons de Washington. Ainsi, ce scrutin tant attendu par les adversaires du président américain outre-Atlantique pourrait finalement tourner à leur pire désavantage. Une victoire des démocrates au Congrès risquerait d’apporter de nouveaux déboires aux Européens comme aux Ukrainiens.
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