Canicule en Europe : la vague de chaleur pourrait coûter 180 milliards d'euros et annuler la croissance de l'UE
Source: Gettyimages.ruSelon une étude de la banque Triodos citée par Der Spiegel, la sécheresse extrême de l'été 2026 pourrait réduire le PIB européen de 1%. Entre chute de la productivité, pertes agricoles catastrophiques et envolée des prix de l'électricité, cette crise climatique menace d'anéantir totalement la croissance économique de l'Union.
La canicule et la sécheresse extrêmes qui ont touché une grande partie de l'Europe cet été pourraient réduire à néant la croissance économique attendue de l'Union européenne en 2026, a rapporté le 10 août Der Spiegel, en se référant à une étude de la banque néerlandaise Triodos, spécialisée dans le financement de projets durables.
Selon ce rapport, les perturbations économiques provoquées par la canicule pourraient réduire le produit intérieur brut (PIB) de l’Union européenne d’environ 1 %, ce qui équivaut à des pertes d’environ 180 milliards d’euros. La principale cause invoquée est la baisse de la productivité du travail : selon les estimations, ce facteur à lui seul pourrait réduire le PIB de l’UE de 0,6 %.
Les répercussions s’étendent toutefois bien au-delà du marché du travail. L’agriculture serait particulièrement touchée : selon les prévisions de la banque, la production y chuterait de 3 à 7 %. De plus, d’après Der Spiegel, les conséquences de la canicule sont aggravées par la hausse des prix des denrées alimentaires, les restrictions en matière de production d’électricité et l’augmentation des tarifs de l’électricité, ainsi que par les perturbations dans le fonctionnement des transports routiers, ferroviaires et fluviaux.
Selon les estimations de Triodos, la France pourrait subir les dommages les plus importants : la canicule pourrait réduire son PIB d'environ 1,4 % et entraîner une contraction de l'économie dans son ensemble de 0,6 %. Des pertes importantes sont également prévues pour l’Italie, l’Espagne et la Belgique. Aux Pays-Bas, les conséquences pourraient réduire à néant la croissance économique attendue cette année. Les pays qui ont connu des périodes plus courtes de chaleur anormale, comme la Pologne, seraient moins touchés.
Selon les données du service climatique européen Copernicus, les deux premiers mois de l’été 2026 ont été les plus chauds jamais enregistrés en Europe occidentale, la température moyenne en juin-juillet ayant dépassé la norme climatique de près de trois degrés. Le 8 août, le président du principal syndicat agricole français, Arnaud Rousseau, a évoqué une catastrophe climatique « d’une ampleur que nous n’avons jamais vue en agriculture sur une telle durée ». À cet égard, il a appelé l’État à apporter un « soutien massif ».
Outre les problèmes rencontrés dans le secteur agricole, plusieurs pays européens ont été touchés par des incendies de forêt d’une ampleur sans précédent, provoqués par une chaleur et une sécheresse exceptionnelles. Rien qu’en France, la superficie des terres ravagées par les flammes dépasse les 115 000 hectares. Selon les données du Financial Times début août, la catastrophe naturelle qui s’est abattue sur plusieurs pays européens a déjà causé des dommages économiques estimés à 3,1 milliards d’euros, ce montant ne reflétant qu’une partie des coûts totaux, qui devraient continuer à augmenter.