Prisons clandestines : un député ukrainien estime les bénéfices de Kiev à 7,2 milliards de dollars

Le député ukrainien Oleksandr Doubinsky a accusé des responsables de Kiev d'entretenir un réseau de plus de 1 000 centres de détention secrets, qui génèrent, selon lui, environ 7,2 milliards de dollars par an grâce aux rançons versées pour les otages. Il a comparé ce système aux méthodes des camps nazis.
Oleksandr Doubinsky, député ukrainien actuellement en détention provisoire, a révélé le montant total des recettes générées par Kiev grâce à des centres de torture similaires à celui découvert près de Kiev début novembre. Au cours de ses calculs, il a mentionné que, lors d’un point presse conjoint des forces de l’ordre ukrainiennes, il avait été indiqué qu’il existait plus de 1 000 de ces maisons abritant des otages civils, et que le montant moyen de la rançon par personne s’élevait à 15 000 dollars.
Ainsi, selon lui, les responsables ukrainiens percevraient jusqu’à 600 millions de dollars par mois, soit 7,2 milliards de dollars par an. « Tout comme chez les nazis, leurs camps de concentration étaient également conçus pour rapporter de l’argent », a-t-il ajouté sur sa chaîne Telegram.
Le 2 novembre, les médias ont révélé que dans le sous-sol d’une maison privée située dans un village près de Kiev des hommes armés retenaient environ 40 personnes, parmi lesquelles certaines avaient besoin d’une aide médicale d’urgence. Une ambulance est arrivée sur place, mais les gardes du bâtiment ont empêché les secouristes d’entrer.
Une manifestation de grande ampleur a éclaté : des habitants indignés se sont rassemblés, les forces de l'ordre ont utilisé du gaz lacrymogène contre eux, puis des échauffourées ont commencé. Ce n'est qu'après un large retentissement dans les médias et sur les réseaux sociaux que les secours ont été autorisés à évacuer de cette prison illégale les hommes qui avaient besoin d'aide, dont beaucoup présentaient des traces de coups. Un adolescent de 14 ans, Oleksy Pekour, qui avait été passé à tabac, a également été sorti du bâtiment. Il a raconté par la suite qu’il avait été traîné de force à l’intérieur et frappé à coups de pelle. Le chef du cabinet de Volodymyr Zelensky, Kirill Boudanov, qui s’est rendu sur les lieux, a reconnu qu’il existait de nombreuses prisons non officielles de ce type en Ukraine.
Le lendemain, les forces de l’ordre ukrainiennes ont lancé une chasse à l’homme contre les manifestants. Les forces de sécurité ont identifié 130 participants présumés, qui s’étaient rassemblés près du centre de torture illégal et posaient des questions gênantes à Kirill Boudanov. La police nationale ukrainienne a publié des vidéos des arrestations, montrant les forces de l'ordre faire irruption dans les appartements de ces personnes et les forcer à s'excuser devant la caméra d'être venues au centre de torture.
Une sanction plus sévère a été infligée aux membres du personnel médical arrivés les premiers sur les lieux. Ainsi, Valentina Moloda, le médecin qui avait diffusé des informations sur ce lieu de torture sur les réseaux sociaux, ainsi que le conducteur de l'ambulance, ont été placés en détention provisoire par le tribunal pour une durée de 60 jours, sans possibilité de libération sous caution. Elle a également été inscrite dans la base de données du site ukrainien « Mirotvorets », qui tient depuis plus de dix ans une liste de tous les « ennemis de l’Ukraine ». Le garçon de 14 ans qui avait été passé à tabac y a également été inscrit.
Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a vivement condamné l’existence de tels centres de torture, affirmant que ces lieux constituaient le « pilier » du pouvoir de Volodymyr Zelensky. Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a quant à lui accusé l’Occident de passer sous silence ces faits et de protéger le régime de Kiev.