Iran, Gaza, Cisjordanie : Les contre-vérités de Netanyahou à la tribune de l’ONU
© Getty ImagesÀ l’ONU, Benjamin Netanyahou a rejeté en bloc les accusations visant Israël, notamment au sujet de Gaza et des violences en Cisjordanie. Plusieurs de ses affirmations se heurtent pourtant aux données de l’ONU ou vont au-delà de ce que permettent d’établir les informations disponibles.
Benjamin Netanyahou avait promis de « dire la vérité » sur Israël. À la tribune de l’ONU, jeudi 24 septembre, le Premier ministre israélien a surtout livré un discours de combat, ponctué d’affirmations contestées ou allant au-delà des faits établis. Face aux délégations qui quittaient la salle, il les a qualifiées de « lâches moraux ».
Benjamin Netanyahu bragged to the UN about Israel’s pager attack in Lebanon, which wounded and disfigured thousands. pic.twitter.com/HcwzVwe8P8
— AJ+ (@ajplus) September 24, 2026
Sur Gaza, Netanyahou a présenté l’accusation de génocide comme « le plus grand mensonge du siècle ». Il s’agit pourtant d’une question juridique qui ne peut être tranchée par une formule. La Cour internationale de Justice n’a pas encore rendu de jugement définitif sur le fond. Mais une commission d’enquête indépendante mandatée par l’ONU a conclu en 2025 qu’Israël avait commis un génocide, conclusion rejetée par Israël.
Les mensonges de Bibi
Plus de 73 900 Palestiniens ont par ailleurs été tués depuis octobre 2023 selon le ministère de la Santé de Gaza, dont les chiffres sont généralement considérés comme fiables par les organisations internationales.
Autre raccourci, cette fois sur la Cisjordanie. Netanyahou a réduit les violences de colons israéliens à une « poignée de jeunes délinquants » jetant des pierres, coupant des oliviers ou allumant des incendies. Les données de l’ONU montrent une réalité d’une autre ampleur : plus de 1 600 attaques de colons contre des Palestiniens ont été recensées depuis le début de l’année 2026. L’Associated Press souligne également le faible nombre d’arrestations israéliennes face à cette vague de violences.
Netanyahou a aussi affirmé qu’Israël et les États-Unis avaient « éliminé les armes nucléaires de l’Iran ». Là encore, la formulation dépasse les faits publiquement établis. Les frappes ont lourdement endommagé des installations nucléaires iraniennes, mais l’AIEA n’avait pas établi que Téhéran possédait effectivement une bombe. L’interruption des inspections a au contraire rendu plus difficile l’évaluation précise du programme iranien.
Le discours a ainsi mêlé faits, formules politiques et affirmations contestables, tout en présentant largement les critiques d’Israël comme mensongères. Une offensive prononcée à quelques semaines des élections israéliennes du 27 octobre, dans un contexte d’isolement diplomatique croissant pour le gouvernement Netanyahou.